Le Parc zoologique et botanique de Mulhouse enregistre une série de naissances remarquables avec notamment une pyxide arachnoïde, un macroscélide de Peters et plusieurs petits chez les manchots du Cap et les nandous de Darwin.
Parmi les événements les plus marquants figure la naissance d’une pyxide arachnoïde (Pyxis arachnoides arachnoides), une première en Europe depuis le début de l’année 2026. Originaire des zones arides du sud-ouest de Madagascar, cette petite tortue est classée « En danger critique d’extinction » (CR) sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). La destruction de son habitat, le braconnage pour la viande de brousse et le trafic d’animaux de compagnie continuent de faire chuter ses populations sauvages. Avec moins de 200 individus présents dans les parcs zoologiques européens, chaque naissance chez cette espèce constitue une avancée importante pour sa conservation à long terme. Présente à Mulhouse depuis 2013, elle fait l’objet d’un suivi particulièrement rigoureux dans le cadre du Programme d’Élevage Européen (EEP) de l’EAZA, coordonné par le Zoo de Brno en République Tchèque. Les pyxides arachnoïde du Parc zoologique et botanique de Mulhouse, dont le jeune né récemment, sont volontairement maintenues en coulisses afin de limiter tout stress et de mieux étudier cette espèce dont la reproduction reste encore mal connue.
Ces excellents résultats se prolongent au sein de l’espace Horizon Afrique, inauguré à l’été 2025. Après les premiers caméléons de Jackson nés fin 2025, le printemps 2026 a vu naître un macroscélide de Peters (Rhynchocyon petersi), quatre mangoustes naines (Helogale parvula) ainsi que neuf mygales bleues de Socotra (Monocentropus balfouri). Le macroscélide de Peters, petit mammifère insectivore endémique de Tanzanie et du Kenya, reste encore peu représenté dans les zoos européens avec seulement 80 individus. Le jeune né en avril dernier à Mulhouse est issue d’un couple récemment formé, constitué d’un mâle lui-même né à Mulhouse et d’une femelle originaire du Zoo de Bâle en Suisse. L’espèce est hébergée en coulisses depuis quelques années et a été intégrée à l’espace Horizon Afrique dès son ouverture l’an dernier. Le nouveau-né est une femelle qui sera à terme placé dans un autre enclos avec un autre mâle dans le but de former un second couple reproducteur de l’espèce à Mulhouse et participer au renforcement de cette population encore faible.


Les quatre mangoustes naines représentent quant à elles la première reproduction de cette espèce au sein d’Horizon Afrique, arrivée en 2025 dans un espace partagé avec les oryctéropes du Cap, juste devant l’enclos intérieur des girafes de Kordofan. Vivant naturellement en groupes familiaux très organisés, ces petits carnivores bénéficient d’un élevage collectif où tous les adultes participent aux soins des jeunes. Chez les arthropodes, les neuf mygales bleues de Socotra viennent renforcer une population européenne qui compte elle aussi moins de 200 individus. Un groupe de 8 individus avait rejoint Mulhouse en mai 2024 avant d’intégrer lui aussi l’espace Horizon Afrique. Cette espèce, originaire de l’île de Socotra au Yémen, vit naturellement en colonies, à l’inverse des autres espèces de mygales qui sont pour la plupart solitaires.
Le Parc zoologique et botanique de Mulhouse poursuit également son important travail de reproduction chez plusieurs espèces d’oiseaux notamment avec les éclosions de deux manchots du Cap (Spheniscus demersus) en février 2026. Désormais classé « En danger critique d’extinction » (CR) par l’UICN depuis 2024, le manchot du Cap connaît un déclin spectaculaire en Afrique australe sous l’effet de la surpêche, qui réduit fortement les ressources alimentaires disponibles, mais aussi des marées noires, des dérangements sur les sites de nidification et du changement climatique. Le Zoo de Mulhouse participe depuis de nombreuses années à son EEP et s’est imposé comme l’un des établissements les plus expérimentés pour cette espèce, avec des reproductions régulières depuis plus de 20 ans.
Enfin, le succès est aussi au rendez-vous chez les nandous de Darwin (Rhea pennata), une espèce sud-américaine cousine de l’autruche d’Afrique, dont 7 poussins ont éclos cette saison sur les 21 œufs pondus par le couple reproducteur du parc. Chez cette espèce, le mâle assure seul l’incubation des œufs puis l’élevage des jeunes, un comportement également observé chez les casoars. Les poussins ont donc été placés avec leur père dans un enclos spécifique, séparés de la femelle et des vigognes avec qui le couple cohabite habituellement. Une fois adultes, ils rejoindront eux aussi l’EEP du nandou de Darwin. Même si l’espèce est aujourd’hui classé en « Préoccupation mineure » (LC) par l’UICN, les populations sauvages subissent les effets de la pression agricole en Amérique du Sud et des modifications de leur environnement naturel.




