Après plusieurs années d’absence, les fennecs font leur retour à Biotropica avec l’arrivée de Fenny et Zerda, deux animaux saisis chez un particulier qui bénéficient désormais d’un nouvel environnement adapté à leurs besoins.
Les deux nouveaux pensionnaires de Biotropica ont rejoint le parc après avoir été saisis par les autorités alors qu’ils étaient détenus illégalement chez un particulier. Leur prise en charge a d’abord été assurée aux Pays-Bas par l’association AAP (Animal Advocacy and Protection), spécialisée dans l’accueil d’animaux issus de saisies à travers l’Europe et dans leur placement vers des structures capables de leur offrir des conditions de vie adaptées. Après avoir visité les installations prévues pour eux, l’association a donné son accord pour leur transfert à Biotropica.
Baptisés Fenny pour la femelle et Zerda pour le mâle, les deux fennecs seraient nés autour de 2020 mais leur passé reste largement inconnu. Les équipes doivent donc désormais apprendre progressivement à connaître leur personnalité et leurs habitudes. Leur comportement porte d’ailleurs les traces de leur passé : habitués à être détenus illégalement par un particulier, les deux animaux présentent certaines réactions qui témoignent de cette histoire. Pour Biotropica, cette arrivée constitue également le retour d’une espèce déjà présentée quelques années auparavant. « Nous avons hébergé de vieux fennecs il y a quelques années et disposions d’installations adaptées, explique François Huyghe, directeur de Biotropica. Lorsque l’association hollandaise AAP nous a sollicité pour accueillir ce couple qui avait été saisi, nous n’avons pas hésité longtemps. Nous savions que nous pouvions leur offrir un enclos répondant à leurs besoins. » Les deux canidés ont été installés dans un enclos du parcours extérieur, face aux suricates, un espace qui a longtemps hébergé des écureuils terrestres du Cap qui ne sont aujourd’hui plus présents dans le parc.
L’accueil des deux fennecs à Biotropica illustre une mission moins visible des parcs zoologiques qui vise à prendre en charge des animaux confisqués par les autorités. À ce titre, Biotropica et de très nombreux parcs zoologiques français sont régulièrement sollicités et accueillent chaque année des animaux de toute sorte. « Si nous avons la place et bien évidemment les autorisations nécessaires, nous accueillons les animaux pour lesquels les autorités nous sollicitent. Le trafic animalier a toujours été très important. Il est le troisième plus gros trafic au monde après les armes et la drogue ! Et l’année 2025 a même atteint des records ! »
Le cas des fennecs rappelle que la détention d’animaux sauvages ou exotiques comme nouveaux animaux de compagnie est soumise à une réglementation bien particulière et que l’engouement lié à ces espèces sur les réseaux sociaux peut contribuer à banaliser la détention d’espèces dont les besoins sont pourtant très éloignés de ceux d’un animal domestique. « Ce trafic explose notamment à cause des réseaux sociaux où nombre d’influenceurs s’affichent avec des perroquets, des lionceaux, des servals, poursuit le directeur de Biotropica. C’est ainsi que lors de contrôle, si tout n’est pas en règle, les animaux sont saisis et qu’il faut leur trouver un endroit capable de les accueillir et de leur offrir les meilleures conditions possibles. Cet endroit est le plus souvent un parc zoologique. »




