Compte-rendu visite Réserve de Sigean © Nature&Zoo
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#4 Compte-rendu de visite : la Réserve Africaine de Sigean

Visite effectuée le 28/07/2020

De passage dans la région pour les vacances, j’ai pu effectuer ma quatrième visite de l’année ; je me suis rendu à la Réserve Africaine de Sigean. C’était la première fois que je visitais ce parc zoologique qui se trouve finalement bien loin de chez moi.

La Réserve Africaine de Sigean se trouve dans la commune du même nom, à quelques kilomètres au Sud de Narbonne.

Période d’épidémie oblige, nous avons pris soin de réserver nos billets sur le site internet du parc la veille de notre venue, et ce fût une bonne idée car ce jour-là le parc affichait complet et n’acceptait plus de visiteurs supplémentaires. Nous avons donc payé 31€ par personne, ce qui n’est pas négligeable, pour deux adultes et sans réduction. Pour plus d’informations sur les tarifs de la Réserve, consultez leur site internet au lien suivant : https://www.reserveafricainesigean.fr/tarifs.

Plan de la Réserve Africaine de Sigean

A notre arrivée (qui se fait par un petit chemin de campagne), nous débarquons directement en voiture, sur les guichets d’entrée. Après 10/15 minutes d’attente du fait de l’affluence, nous parvenons à présenter nos tickets et pénétrons dans l’enceinte de la Réserve. Et il faut directement choisir entre deux possibilités : le parcours en voiture (celui choisi par la quasi-totalité des visiteurs à leur arrivée) ou le parc à pied. Le choix n’a pas été difficile au vu des bouchons engendrés par les véhicules. Nous prenons donc la route vers le parc à pied.

Le Parc à pied

Le parking se trouve finalement presqu’au centre du parc, et c’est en voyant ce dernier plutôt vide que nous confirmerons notre choix de commencer la visite à pied.

Nous débutons la visite par le traditionnel passage aux toilettes ! Toilettes qui se trouvent face à l’île des saïmiris en cohabitation avec des paons (que l’on trouve également dispersés à travers le parc, il y en a même beaucoup). Juste derrière les toilettes se trouve le premier point de restauration où nous achetons un petit café et commençons (vraiment) la visite.

L’enclos des grands koudous avec l’étang de l’Œil de Ca en toile de fond.

Un magnifique point d’observation sur l’étang de l’œil de Ca, qui se trouve au cœur de la Réserve et qui héberge des flamants roses, des pélicans gris, des pélicans blancs et de nombreuses espèces d’oiseaux sauvages, bien souvent de passage. Un bel enclos pour un groupe de grands koudous conclut ce bel espace très naturel. Le chemin descend vers l’étang mais se poursuit vers d’autres espèces. Nous découvrons alors successivement des nandous, des zèbres de montagne puis des mouflons à manchette dans un espace que je trouve bien aménagé pour cette espèce avec une bonne pente et des rochers.

L’enclos des mouflons à manchette dispose de belles pentes et de nombreux rochers.

Nous arrivons ensuite sur le Vivarium (ouvert quelques semaines auparavant après rénovation) où nous avons fait un bref passage au vu de l’affluence à l’intérieur. La sortie du Vivarium se fait directement à l’intérieur de la Grande Volière. Elle a été inauguré en 2018 et s’étend sur presqu’un hectare de surface. Le volume de la volière est estimé à environ 70 000 m3 et il s’agit de l’une des plus grandes voilières de France. C’est la première fois pour ma part que je pénètre dans une telle structure et je dois dire que j’ai vraiment apprécié. La végétation est très présente malgré son jeune âge ce qui rend la structure plutôt discrète dans le décor extérieur comme intérieur. Les allées sont larges ce qui permet de ne pas se bousculer et il y a beaucoup de points d’observation. La volière comprend environ 250 oiseaux qui cohabitent paisiblement avec des alligators dans un bassin et des tortues de Floride dans un autre. Ces dernières sont recueillies par la Réserve afin de contrer l’invasion en France de cette espèce originaire d’Amérique du Nord. Nous ressortons de la volière et nous découvrons des émeus puis une île plutôt grande qui abrite des magots avec en toile de fond, la Plaine Africaine qui héberge des gnous, des autruches ou encore des cobes de Lechwe.

Point d’observation sur une petite partie la grande Plaine Africaine

Le chemin se poursuit justement vers la Plaine Africaine où un point d’observation et un point de restauration ont été construits cette année. Nous y passerons quelques minutes avant de nous diriger vers les îles des chimpanzés. En chemin, nous croiserons la volière des ibis chauves dont une quinzaine d’individus ont déjà participé à un programme de réintroduction en Andalousie au cours des dernières années. Nous arrêtons donc notre marche au niveau des îles des chimpanzés, il a fallu prendre un peu de hauteur par la suite pour que je m’aperçoive de l’étendue de ces deux îles. Elles sont plutôt vastes et se composent de zones plus ou moins forestières et agrémentées de nombreuses structures en bois pour que les chimpanzés puissent évoluer en hauteur. L’observation des ces derniers se fait vraiment discrètement et je doute fort qu’ils soient dérangés par la présence des visiteurs. Leur bâtiment possède également un observatoire réservé aux scientifiques et éthologues qui désirent étudier le groupe.

Notre route se poursuit avec une petite montée qui nous emmène vers les anciens enclos des éléphants remplacés par des onagres de Perse pour le premier enclos et par des dromadaires, des ânes de Somalie et des moutons de Somalie pour le deuxième enclos. Effectivement, ces habitats sont bien plus adaptés à ces espèces qu’à des éléphants ! A côté se trouve également la « Mini-ferme » et ses chèvres naines. Après cela, nous voilà de retour à la cafétéria du départ. La faim commence à se faire ressentir mais ce point de restauration est littéralement bondé, il faut dire qu’il est 12h15 et que nous sommes tous constitués de la même façon … Un rapide coup d’œil au plan nous rappelle que le parc à pied n’est pas terminé et nous comprenons également que nous n’avons pas pris le sens de la visite comme il le faudrait.

Une girafe réticulée qui attend patiemment son repas.

Nous partons donc en direction des girafes réticulées et d’un espace pour les wallabys. En chemin nous croiserons la route des lycaons grâce à une passerelle au dessus de leur espace. Si je l’ai bien compris, ils sont arrivés ici récemment. Nous avons la chance d’atteindre l’enclos des girafes en même temps qu’un soigneur venu leur déposer quelques branchages fraîchement coupés, l’occasion de les photographier plus facilement. Le chemin continu et longe l’étang des flamants roses jusqu’à la Grande Volière.

Nous décidons alors de retourner au nouveau point de restauration de la Plaine Africaine pour prendre un repas bien mérité. Après la pause déjeuner, il est temps de se rendre au safari-voiture mais nous décidons tout de même de retourner observer quelques espèces notamment les chimpanzés mais aussi les gazelles de Cuvier que nous avions précédemment manquées. La Réserve de Sigean est le seul parc à français à en présentés et je dois dire que c’est une espèce magnifique. Nous retournons au parking afin de débuter notre aventure véhiculé au cœur du safari voiture.

Le Safari-voiture

A partir du parking, il faut revenir en arrière pour accéder à l’entrée du safari-voiture. Ce dernier se décompose en 4 zones : la Brousse, le Parc des Ours, le Parc des Lions et enfin la Savane. Sachez tout de même qu’il est possible de visiter chaque zone dans le désordre, chacune étant les unes après les autres mais ne formant pas un parcours à sens unique. Nous choisissons tout de même de suivre le sens de visite et nous démarrons près des caisses, par la Brousse Africaine.

Les impalas et les autres espèces de la Brousse dispose d’un très vaste territoire.

Ce territoire vaste de plus de 35 hectares est répartit en trois espaces. Le premier est à la fois forestier et parsemé de plaines. Il héberge l’un des plus grands troupeaux de buffles nains présents en Europe, qui partagent leur espace avec un groupe d’impalas, des hippotragues noirs mais aussi des damalisques à front blanc (ou blesboks). Lors de notre passage (en début d’après-midi ce qui ne représente pas la meilleure période de la journée, surtout par forte chaleur), nous avons pu observer longuement le troupeau de buffles nains qui était d’ailleurs très actif. Pour les autres espèces, l’étendue du territoire leur permet de se soustraire aisément de la vue du public, ce qui est un réel plaisir pour moi mais c’est un fait que peu de gens parviennent à comprendre lors d’une visite au zoo. Le deuxième espace est beaucoup moins forestier ; c’est une vaste plaine herbacée qui héberge des autruches, des gnous bleus, des springboks, des zèbres de Grévy mais aussi d’autres impalas. Toutes ces espèces étaient parfaitement visibles et surtout actives à l’exception des zèbres de Grévy qui se reposait en groupe sous un arbre. Le territoire est très vaste et on pourrait s’imaginer dans un véritable safari tant l’environnement s’y prête. Dans le dernier territoire, nous rencontrons au loin les girafes de Kordofan, des nyalas mais aussi les magnifiques antilopes rouannes présentent dans seulement deux parcs en France. La route forme une boucle et nous fait revenir au territoire des buffles nains avant de nous faire sortir de la Brousse.

Les girafes de Kordofan, séparées des girafes réticulées, partagent leur espace avec des autruches et des antilopes rouannes.

Nous empruntons donc la suite de la route qui nous mène vers le Parc des Ours puis le Parc des Lions. Nous rencontrons des employés du parc qui sont postés à l’entrée des deux parcs afin de rappeler aux visiteurs les consignes de sécurité à savoir fermer les fenêtres et ne pas s’arrêter à proximité des animaux. Un petit papier nous est ensuite distribué pour ne pas oublier ces deux consignes. Nous avons pu observer un seul ours sur les presque 10 hectares qui composent leur parc. Un parc plutôt vide au passage, avec seulement une grande butte, quelques arbres morts pour grimper et une très grande majorité de buissons avec un vaste étang au centre. Ce sont des ours à collier, réputés pour être d’excellents grimpeurs… Nous sortons du Parc des Ours pour nous diriger directement dans le Parc des Lions, vaste d’environ 7 hectares, entre une colline et un étang. Le parc est forestier avec quelques petites plaines et il faudra en faire quasiment tout le tour avant de pouvoir observer le groupe de lions se reposant à l’ombre des arbres, sagement surveillés par plusieurs caméras et un soigneur, posté en voiture quelques mètres à côté. Après quelques photos, nous reprenons la route et ressortons du parc des lions, direction la dernière zone de ce safari, la Savane.

Compte-rendu visite Réserve de Sigean © Nature&Zoo
Le groupe de lions se reposant à l’ombre, constamment surveillé par un soigneur.

Cette dernière se décompose aussi en trois espaces différents. Le premier, plutôt marécageux et parsemé de nombreux gros buissons, abritent des sitatungas et des cobes du Nil qui affectionnent ce type d’environnement. Ils cohabitent avec un groupe de rhinocéros blancs, bien visibles en bord de route lors de notre passage. Le second enclos, plus vaste, est une immense plaine qui héberge un rhinocéros blanc (probablement un mâle séparé du reste du groupe) ainsi que de très nombreuses espèces, toutes bien actives. Nous avons pu observer un grand groupe de zèbres de plaines, des autruches, des gnous bleus, des cigognes, des watusis et des élands du Cap. Au loin, nous apercevons également une grande île qui avait l’air d’abriter un être plutôt bruyant. Après quelques minutes d’attente et d’observation, nous avons constaté la présence d’au moins deux gibbons à mains blanches qui évoluaient dans les arbres avec une dextérité qui leur est propre. Nous continuons vers le troisième et dernier enclos de la Savane mais également de tout le safari-voiture. Un enclos plus vallonné et buissonné qui abrite un autre groupe de gazelles de Cuvier, des ânes de Somalie et des phacochères que nous n’avons malheureusement pas vu.

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Le grand groupe de zèbres de plaine dans la Savane.

Le chemin nous emmène vers le grand parking au centre de la Réserve pour clôturer cette visite riche en observation, en découvertes et en photographies. Nous nous sommes aperçus plus tard, une fois sur la route du retour, que nous avions oublier de visiter le Territoire des carnivores qui héberge des guépards et d’autres lycaons, dommage.

Les points faibles :

  • Malheureusement le prix, il peut paraître assez élevé et pour une famille, c’est un très gros budget. J’ajouterai également sans développer, les prix pratiqués dans les points de restauration, en tout cas pour celui où nous avons déjeuné.
  • Le safari-voiture, que j’ai vraiment beaucoup apprécié, me questionne souvent sur la pertinence des véhicules motorisés dans le territoire des animaux. Je pense qu’il y a beaucoup d’autres moyens non polluants et tout aussi attirant, qui peuvent assurer une tranquillité supplémentaire aux animaux et un impact environnemental plus faible. Bien que cela permette aux visiteurs de pénétrer au cœur des territoires et par conséquent d’agrandir considérablement la taille de ceux-ci. Par ailleurs, notre visite n’a pas été compliqué dans ce safari mais quelques heures auparavant, c’était un enfer et les voitures se succédaient à la file indienne dans tout le parc.
  • Pour ma part, le plus gros point faible que j’ai pu noter c’est la cohérence des espèces présentées. Je m’explique. La Réserve Africaine de Sigean ne devrait s’orienter que vers des espèces dites « Africaines ». C’est le cas pour une très très grande majorité d’entre elles. Mais on note tout de même plusieurs espèces originaires d’autres continents. On rencontre des gibbons à mains blanches, des onagres ou des ours à collier pour le continent Asiatique, des nandous, des saïmiris, des aras et des alligators du Mississippi pour les continents Américains ou encore des wallabys et des émeus pour l’Australie. Pour certaines, elles occupent des enclos qui pourraient facilement servir pour des espèces Africaines menacées d’extinction dans la nature et renforcer le rôle de conservation du parc. C’est dommage que cela ne colle pas avec l’orientation géographique donnée par le nom du parc, qui doit émettre des confusions chez beaucoup de visiteurs.
  • La propreté des sanitaires est également a noté dans les points faibles, surtout après une matinée chargée en visiteurs…

Les points forts :

  • La Grande Volière Africaine. C’est un très bel espace qui apporte une valeur ajoutée au parc. Je pense qu’il est temps de cesser la présentation d’oiseaux dans de minuscules volières mais aussi l’éjointage qui les empêche de voler. Un oiseau est fait pour voler et la meilleure alternative pour éviter aux espèces exotiques de s’échapper reste pour moi une volière de ce type. L’environnement y est plutôt bien recréé et l’immersion est très intéressante.
  • La Réserve Africaine de Sigean est également un énorme réservoir d’espèces sauvages, notamment des oiseaux, présents naturellement sur le site et qui trouvent en ce lieu, une aire favorable à leur reproduction. Tout au long de notre visite nous avons pu observer de très nombreuses espèces que ce soit sur le parcours à pied ou durant le safari-voiture, c’est très agréable.
  • L’espace alloué aux animaux est considérable. Le parc s’étend sur plus de 300 hectares, plusieurs enclos dépassent la dizaine d’hectares ce qui permet aux espèces de s’épanouir et de développer des comportements quasi-naturels. C’est vraiment très agréable de pouvoir observer toutes ces espèces originaires d’immenses territoires, dans ce type d’environnement. Le climat y est pour beaucoup dans le développement de la végétation et dans l’immersion que procure les enclos.
  • Les allées sont plutôt larges ce qui permet de ne pas affronter des foules de visiteurs à certains endroits, un point fort amplifié par la demande de distanciation physique du moment.
Compte-rendu visite Réserve de Sigean © Nature&Zoo
Springboks et cobes de Lechwe dans la grande Plaine Africaine

Il s’agissait là de notre première visite à la Réserve Africaine de Sigean et j’en suis ressortit très satisfait. J’affectionne énormément les grandes étendues et les différentes cohabitations inspirées de celles présentes dans la nature. La présence d’une piste de safari offre aux animaux des territoires bien plus vastes mais comme je l’ai écrit plus haut, je pense qu’il faudrait réfléchir à d’autres moyens de transports. Le parc a ouvert ses portes en 1974, quelques endroits ont été rénovés ou ajoutés ces dernières années, à l’image de la Grande Volière Africaine ou du Territoire des carnivores. D’autres très grands projets sont dans les cartons ce qui permettra au parc d’encore se développer. La durée de visite préconisée était d’environ 3h30, pour notre part la visite a duré 4h, repas compris.

Je recommande ce parc à ceux qui n’ont pas peur des grands espaces et qui sont capables d’accepter de ne pas voir certains animaux. La partie à pied offre une visite plus classique et le safari-voiture offre un dépaysement total si loin des savanes Africaines mais pourtant si proches. Vous apprécierez sûrement le détour mais je vous conseille de privilégier une journée calme et évitez les grosses chaleurs, cela pourrait gâcher votre visite. Je me ferai un plaisir d’y retourner si je séjourne dans la région à l’avenir.

Pour accéder à la fiche détaillée de la Réserve Africaine de Sigean, cliquez-ici.

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