Au printemps 2026, le ZooParc de Beauval a inauguré plusieurs nouveautés majeures avec « Bucolia », une vaste ferme pédagogique consacrée aux races domestiques anciennes, ainsi que « Les Terres Rouges », un nouvel espace immersif inspiré du bush australien. Dans le même temps, le parc accueille une nouvelle espèce de primates : l’atèle à face rouge.
Six atèles à face rouge sauvés en Guyane trouvent refuge à Beauval
Avant d’ouvrir ses deux nouveautés 2026, le ZooParc de Beauval a accueilli, dès la fin de l’année 2025, une nouvelle espèce de primates : l’atèle à face rouge (Ateles paniscus). Cette espèce, classée « Vulnérable » (VU) par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), vit naturellement dans les forêts tropicales de Guyane, du Brésil et du Suriname, en Amérique du Sud. Elle passe la quasi-totalité de sa vie dans la canopée des forêts qu’elle occupe et où elle se déplace facilement grâce à sa longue queue préhensile. Le parc a accueilli un groupe de six individus, composé d’un mâle, Pata, et de cinq femelles, Bella, Isa, Pinda, Ana et Niña. Tous sont nés dans la nature en Guyane et ont été recueillis très jeunes par le centre de soins SOS Faune Sauvage du Zoo de Guyane car orphelins de chasse ou blessés. Malheureusement et malgré plusieurs années de soins, ces individus sont aujourd’hui trop imprégnés aux humains pour être réintroduits dans la nature. « Ces six atèles à face rouge sont encore très jeunes, ce sont des individus très imprégnés par l’homme, explique Rodolphe Delord, directeur du ZooParc de Beauval. C’était un peu compliqué lorsqu’ils sont arrivés, mais aujourd’hui cela se passe vraiment bien. Les relâcher dans la nature aurait été impossible, ils seraient immédiatement revenus vers les humains, voire vers des chasseurs. » Au Zoo de Beauval, les six atèles à face rouge occupent l’ancien espace des atèles noirs de Colombie, lui-même occupé, depuis le départ de ces derniers vers la Grande Volière Sud-américaine en 2023, par des varis à ceinture blanche, replacés sur une île voisine. Après plusieurs mois d’acclimatation dans leurs loges intérieures chauffées, d’où ils étaient déjà visibles des visiteurs, les nouveaux venus ont accès à leur espace extérieur depuis l’arrivée des beaux jours. « Le centre de soins de Guyane nous a contactés car ils souhaitaient replacer six atèles à face rouge, un mâle et cinq femelles, dont les parents avaient été tués par des braconniers. Ils ont alors lancé un appel aux parcs zoologiques européens pour savoir si quelqu’un pouvait accueillir ce groupe. Nous avons trouvé une solution à Beauval afin de leur offrir un très bel espace et une solution durable. » Les six individus présents au ZooParc de Beauval sont désormais intégrés au Programme Européen d’Élevage (EEP) de l’espèce, ce qui pourrait, à terme, permettre leur reproduction. Ce programme est coordonné à l’échelle européenne par la Vallée des Singes dans la Vienne et compte actuellement une cinquantaine d’individus. « Il faudra peut-être faire évoluer le groupe socialement au fil du temps, mais ils pourront probablement se reproduire. En les accueillant, nous avons également permis au centre de soins guyanais de libérer de la place pour prendre en charge de nouveaux animaux sauvages. »

Bucolia, une ferme pédagogique qui met les races anciennes à l’honneur
Ouverte au public depuis le 4 avril, Bucolia, la nouvelle ferme pédagogique de Beauval, s’étend sur un hectare grâce à une nouvelle extension du parc située derrière les plaines des éléphants de savane d’Afrique. Inspirée des fermes traditionnelles de Sologne et du Berry, elle met en valeur une centaine d’animaux d’une vingtaine de races domestiques anciennes parfois menacées de disparition, dans un univers mêlant découverte, patrimoine et pédagogie. « Bucolia, c’est vraiment un succès incroyable, poursuit le directeur du parc. Ce sont des races anciennes, une architecture de bâtiments anciens… C’est un investissement de huit à neuf millions d’euros pour une ferme pédagogique, mais cela permet surtout de mettre en valeur des races souvent oubliées et le savoir-faire agricole. Ce qui est amusant, c’est que cela plaît énormément aux urbains qui ne connaissent pas les animaux de la ferme, mais aussi aux gens de la campagne, qui sont fiers que l’on mette en valeur les animaux domestiques. On nous dit même aujourd’hui que c’est la plus belle partie du parc ! » Moutons solognots, chèvres poitevines, chèvres à cou clair du Berry, poules de Contres, poules de Faverolles, dindons noirs de Sologne ou encore différentes races d’oies, de canards et de lapins, évoluent au sein de Bucolia. « Il y a également des cochons cul noir du Limousin, ce sont mes préférés, à concurrence avec les pandas je pense ! » Ce nouvel espace se compose de plusieurs enclos où les visiteurs peuvent s’approcher des animaux et, dans certains secteurs, circuler à leurs côtés. « Certains animaux étaient un peu craintifs au début, mais ils se sont vraiment bien adaptés. Franchement, c’est vraiment une réussite, bien au-delà de nos espérances. » Parmi les races emblématiques figure notamment l’âne Grand Noir du Berry, dont la conservation demeure fragile. « Pour sauver cette race, il faudrait quarante jeunes par an en France, mais il n’y en a qu’une vingtaine qui naissent actuellement. » Les équipes de Beauval se réjouissent déjà de la naissance d’un premier petit âne Grand noir du Berry, venu au monde quelques semaines après leur arrivée à Bucolia. Si quelques animaux plus familiers comme des alpagas, des poneys Shetland ou des ânes nains sont encore présents temporairement puisque relogés de l’ancienne mini-ferme, Beauval prévoit à terme de consacrer entièrement Bucolia aux races anciennes. L’expérience se prolonge avec le restaurant Au Canard Toqué, proposant des spécialités régionales, la boutique thématisée baptisée Du Coq à l’Âne, un manège gratuit qui a été déplacé à Bucolia pour l’occasion, ainsi qu’un vaste étang accueillant plusieurs races d’anatidés domestiques. À proximité immédiate, le parc a également inauguré Les Roches Vives, une aire de jeux aquatiques de 1000 m² inspirée de la Sologne, ouverte d’avril à septembre, selon les conditions météorologiques. « Les Roches Vives ce sont des jeux d’eau pour les enfants sur le thème de la Sologne. C’est un complément de la ferme Bucolia, c’est quelque chose de ludique, d’attractif pour les enfants pour qu’ils puissent profiter, se divertir et se rafraichir lorsqu’il fait chaud. Notre responsabilité, c’est avant tout le bien-être des animaux, mais aussi de penser à nos visiteurs et à nos salariés. Le parc est maintenant très ombragé, il y a beaucoup de brumisateurs et beaucoup d’endroits rafraichissants. » Bucolia s’inscrit aussi dans les projets d’avenir du ZooParc de Beauval puisqu’un tunnel a déjà été aménagé sous la route afin de relier cet espace à une future zone asiatique qui prendra place entre cette nouvelle ferme, l’enclos des ours bruns et le secteur des pandas géants et des rhinopithèques de Roxellane.





Les Terres Rouges, une immersion au cœur du bush australien
À quelques pas de Bucolia, le changement de décor est total. Les Terres Rouges plongent désormais les visiteurs dans les paysages australiens grâce à une vaste zone traversante de 4500 m² où vivent kangourous roux, wallabies de Parma, émeus, oiseaux australiens et surtout, les premiers wombats présentés dans un parc zoologique français. Ce nouvel espace immersif, qui abritent une quarantaine d’animaux de huit espèces australiennes différentes, est situé entre les éléphants et les Hauteurs de Chine et remplace l’ancienne mini-ferme historique de Beauval qui a fermé ses portes après plus de 20 ans de bons loyaux services. Parmi les nouvelles espèces, le parc a accueilli deux wombats communs, une espèce de marsupial emblématique d’Australie qui est présenté pour la première fois en France. La femelle Mersey et le mâle Sandy sont tous les deux âgés de deux ans et sont arrivés respectivement du Zoo de Prague en République Tchèque et du Zoo de Hanovre en Allemagne après plusieurs années de préparation. « Pour les wombats, il a fallu obtenir un agrément du gouvernement australien, indique Rodolphe Delord. Cela a demandé du temps. Nous avons également envoyé nos vétérinaires se former en Allemagne et un soigneur du zoo de Prague est venu accompagner nos équipes afin que nous apprenions à travailler avec cette espèce que nous n’avions jamais accueillie auparavant. » Les installations pour cette nouvelle espèce unique en France ont été conçues sur mesure avec des substrats variés, du sable rouge permettant aux animaux de creuser, plusieurs tanières rocheuses et des loges intérieures visibles du public. « Il y a un mâle et une femelle. Ils vivent séparément mais seront réunis au moment des chaleurs de la femelle, l’objectif est bien sûr d’obtenir de la reproduction dans les années à venir. » Autour des wombats évoluent également, dans un espace que les visiteurs peuvent traverser, une dizaine de kangourous roux, dont plusieurs femelles portent déjà un jeune dans leur poche, six wallabies de Parma, deux émeus d’Australie ainsi que des bernaches à crinière, des tadornes Radjah et des dendrocygnes d’Eyton, qui profitent d’un grand bassin et d’une rivière. « Ce sont des oiseaux qui étaient soit déjà dans le parc et que nous avons replacés ici, soit qui sont arrivés par la suite. Nous ajouterons probablement d’autres nouvelles espèces australiennes d’anatidés, je pense aux oies semi-palmées par exemple. » Un couple de wallabies des rochers à pattes jaunes, autre nouvelle espèce pour Beauval, a également emménagé dans un enclos au sein des Terres Rouges comprenant notamment des enrochements et des troncs pour respecter les besoins de cette espèce qui préfère vivre et se déplacer dans les affleurements rocheux et les falaises. L’ancien enclos des kangourous a lui aussi été entièrement réaménagé afin d’accueillir les mâles et de faciliter la gestion des groupes reproducteurs. « Nous avons refait les pelouses, replanté de l’herbe, ajouté des rochers et entièrement rénové la maison des kangourous. Cela nous permet désormais de conserver tous nos mâles kangourous et wallabies sur le parc tout en poursuivant leur reproduction. » Cette nouvelle zone constitue également une continuité avec les installations australiennes déjà présentes à Beauval, notamment la serre des koalas et l’espace des diables de Tasmanie, jusque dans la restauration, désormais elle aussi thématisée. « Nous essayons, entre les diables de Tasmanie, les Terres Rouges et la Serre australienne, de créer une continuité sur l’Australie. Nous essayons toujours de proposer des nouveautés qui ont du sens, aussi bien pour les animaux que pour nos visiteurs. »










