Le Zoo des Sables a récemment participer à une opération de réintroduction d’un ara de Buffon en Équateur, concrétisant plus de vingt années de travail de conservation de cette espèce menacée.
Fin septembre 2025, Sandrine Silhol, directrice scientifique du parc et coordinatrice européenne et internationale du plan d’élevage consacré au ara de Buffon (Ara ambiguus), s’est rendue sur le terrain pour participer à cette mission de réintroduction. L’espèce figure parmi les perroquets les plus menacés au monde et est aujourd’hui classée « En danger critique d’extinction » (CR) sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Victime du trafic illégal et de la destruction progressive de son habitat naturel, sa population sauvage est estimée entre 500 et 1000 individus matures, répartis sur une aire qui s’étend du Honduras jusqu’au nord de l’Équateur.
Dans ce contexte, le 1er octobre 2025, un individu adulte de deux ans, issu d’un centre de reproduction situé en Équateur, a été relâché dans la forêt tropicale sèche équatorienne après plusieurs mois d’acclimatation dans une volière spécialisée. L’objectif de cette opération est de renforcer la population locale de la plus menacée des deux sous-espèces du ara de Buffon (Ara ambiguus guayaquilensis), dont il ne resterait qu’une quarantaine d’individus à l’état sauvage.


Cette réintroduction s’inscrit dans une stratégie globale associant l’élevage et la reproduction de l’espèce en parcs zoologiques, le suivi scientifique des populations et des actions de conservation menées directement sur le terrain. Porté par plusieurs associations locales et partenaires internationaux, le programme a déjà permis la réintroduction d’une vingtaine d’individus depuis 2017.
Le programme comporte également un important volet de recherche. Les populations présentes dans les parcs zoologiques européens présentent parfois une origine géographique incertaine. Cette mission vise donc à mieux identifier les différentes sous-populations du ara de Buffon grâce à l’analyse génétique de plumes. Réalisés en collaboration avec un laboratoire basé à Londres, ces travaux permettront de déterminer plus précisément l’origine des individus, d’adapter les futures opérations de réintroduction et, à terme, d’évaluer la possibilité d’impliquer des oiseaux nés en captivité en Europe. Aujourd’hui, une quarantaine d’institutions zoologiques européennes hébergent l’espèce, soit un peu plus de 110 individus dont cinq se trouvent actuellement au Zoo des Sables




