Le parc animalier refuge Les Terres de Nataé a récemment reçu plusieurs nouveaux individus de plusieurs espèces différentes, certains issus de programmes internationaux de reproduction, d’autres provenant du Jardin animalier Rainier III de Monaco, dont les futurs travaux nécessitent le déplacement des animaux.
Une collaboration avec le Jardin animalier de Monaco pour accueillir temporairement des dizaines d’animaux
À la mi-juin 2026, une vingtaine d’animaux issus du Jardin animalier Rainier III de Monaco ont intégré les installations des Terres de Nataé dans le Morbihan dans le cadre d’un transfert temporaire lié à un important programme de restructuration du parc monégasque. Cette opération concerne plusieurs espèces, parmi lesquelles des wallabys de Parma, des maras de Patagonie, des cariamas huppés, des dendrocygnes veufs, des hérons bihoreaux, deux grands hoccos, un ara de Buffon et un ara vert. Les individus ont quitté Monaco le lundi 15 juin en fin de journée et ont été emmenés par la société SIANE, transporteur français spécialisé dans le déplacement d’animaux sauvages. « Le voyage s’est bien passé, tous les animaux vont bien, déclare Laurent Peyronel, directeur du Jardin animalier de Moncao, qui a accompagné le transfert pour superviser l’arrivée des animaux en Bretagne. Je les ai presque tous vu naître, ils sont tous nés chez nous, ce sont comme nos enfants. Nos animaux, c’est toute notre vie, on passe plus de temps avec eux qu’avec nos familles donc ils font partie intégrante de nos vies. » La décision de les confier temporairement aux Terres de Nataé intervient alors que le parc monégasque engage une campagne de restructuration de grande ampleur nécessitant le déplacement de certains pensionnaires. « Au Jardin animalier Rainier III à Monaco, nous entreprenons une grande campagne de restructuration générale du parc. Nous sommes partis pour de gros travaux, d’une grande ampleur. Donc il y a un certain nombre d’animaux qui sont amenés à être déplacés et nous cherchions un endroit qui soit favorable pour eux, leur bien-être et leurs conditions de vie. Et il m’a semblé évident de me rapprocher de Sébastien Musset car nous avons la même philosophie de vie et de bien-être par rapport à nos animaux. C’était évident pour nous de les faire venir ici, surtout quand on connaît les conditions de vie qu’on leur propose ici, avec des grands volumes, des grandes volières et une équipe dédiée qui était très heureuse et impatiente de recevoir les animaux. »


Dès leur arrivée, les animaux ont été placés en quarantaine réglementaire pour une durée de trente jours, conformément aux exigences européennes applicables aux établissements zoologiques. « Cette quarantaine de 30 jours est obligatoire d’un point de vue réglementaire parce qu’il faut respecter des directives européennes, précise Sébastien Musset, président des Terres de Nataé. Ce sont des animaux en pleine forme, j’avais eu la chance de les voir sur place, j’avais vu les installations et la manière dont ils s’en occupent, et je trouve ça sympa que, dans l’autre sens, Laurent soit là pour superviser cette arrivée. » Au-delà de la capacité technique à accueillir ces individus, cette collaboration repose sur une proximité entre les deux établissements. « Laurent, qui connaît le Zoo de Pont-Scorff depuis très longtemps, est venu découvrir les Terres de Nataé il y a maintenant quelques temps et il a pu voir les installations, poursuit Sébastien Musset. Il y a un côté humain derrière tout ça aussi, nous avons des rapports et une vision du monde animalier assez proches. Les structures sont là, l’humain nous rapproche, et puis il y a un côté émotion je pense aussi. J’ai vraiment le sentiment qu’il nous confie les animaux dont il s’occupe depuis des années, il y a un transfert des responsabilités. » Les animaux resteront aux Terres de Nataé pendant la durée des travaux monégasques avant un éventuel retour dans leur parc d’origine selon l’évolution du projet. D’autres transferts sont également envisagés à l’automne 2026 ou au printemps suivant avec l’arrivée d’autres espèces depuis Monaco dont des ibis rouges, qui devaient initialement faire partie de ce premier voyage. « Les ibis ne sont pas venus car ils sont en pleine période de reproduction, explique Laurent Peyronel. Nous avons quatre couples qui sont aux nids et une douzaine d’œufs, donc nous ne voulions pas les déranger. »
Kiano, un nouveau mâle girafe, et d’autres animaux rejoignent les Terres de Nataé dans le cadre des EEP
À côté de cette arrivée importante en nombre, les Terres de Nataé ont organisé un autre transfert important en taille cette fois. Le 1er juillet 2026, le parc a accueilli Kiano, un jeune mâle girafe de Rothschild âgé de deux ans transféré depuis le Zoo de Leipzig en Allemagne. Organisé une nouvelle fois avec le transporteur SIANE, ce déplacement s’inscrit dans le cadre du Programme Européen d’Élevage (EEP) dédié aux girafes. Après environ vingt heures de transport, Kiano a rejoint les installations bretonnes où il a progressivement découvert son nouvel environnement avant d’établir un premier contact avec Chikosi, mâle adulte de 19 ans et déjà présent au parc. Ce dernier vit seul depuis la disparition de Kodadé, son précédent partenaire, décédé fin septembre 2025. Les deux individus présentent une différence morphologique importante avec un écart de taille estimé entre 1,5 et 2 mètres, Kiano mesurant déjà entre 3 mètres et 3,50 mètres malgré son jeune âge. Son intégration est suivie et organisée de manière progressive par les équipes animalières du parc. Quelques jours après son arrivée, le jeune mâle a pu découvrir l’extérieur de son nouveau lieu de vie, aux côtés de son nouveau partenaire et en cohabitation avec les nyalas présents au parc. Aux Terres de Nataé, Kiano est appelé à devenir le futur mâle dominant d’un groupe reproducteur que les équipes espèrent constituer prochainement dans le cadre du projet d’extension du parc qui prévoit la création d’un nouvel espace de 1,5 hectare consacré principalement aux girafes. Cette évolution des infrastructures permettra à l’avenir l’accueil de femelles reproductrices et au développement d’un groupe participant à la conservation de la girafe, une espèce qui se trouve classée « Vulnérable » (VU) sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).


Les équipes des Terres de Nataé ont également accueilli plusieurs animaux issus de Programmes Européens d’Élevage ces dernières semaines. Le 19 juin 2026, une femelle chat des sables âgée d’un an et demi a rejoint le parc en provenance du Lumigny Safari Reserve en Seine-et-Marne. Son accueil a nécessité un réaménagement complet de l’installation historiquement dédiée à cette espèce afin de répondre aux exigences comportementales et environnementales propres à cette espèce désertique et dans le but d’en présenter à terme un couple reproducteur. Cette installation, située à l’entrée du reptilarium, est vide depuis le décès d’Edgar, son dernier habitant, décédé il y a à peine un an. La jeune femelle, nommée Talia, est désormais visible du public. Le même jour, une femelle harfang des neiges âgée d’un an est arrivée depuis le ZooPark Chomutov en République Tchèque. Transférée elle aussi dans le cadre de l’EEP de son espèce, elle rejoint le mâle déjà présent aux Terres de Nataé avec un objectif de reproduction pour cette espèce elle aussi classée « Vulnérable » (VU) par l’UICN. Les équipes privilégient une intégration progressive afin de favoriser la formation du couple, raison pour laquelle elle ne sera pas présentée au public avant septembre. Enfin, les Terres de Nataé ont également accueilli deux femelles tamarins de Goeldi. Âgées d’un an et d’un an et demi, elles sont arrivées en provenance du Zoo d’Olomouc en République Tchèque et sont destinées à intégrer une future installation en cohabitation avec des tamarins-lions dorés.




