Chaque année au Zoo d’Asson, de nombreuses naissances sont enregistrées. Mais cette saison 2026 se distingue par la diversité des espèces concernées ainsi que par le caractère exceptionnel de plusieurs d’entre elles, à l’image des amazones à couronne lilas, des lémurs à front blanc ou encore des céphalophes du Congo.
Un riche carnet rose pour les oiseaux du Zoo d’Asson
« Nous avons des reproductions tous les ans, mais je trouve que cette année sort vraiment de l’ordinaire, se réjouit Luc Lorca, directeur du Zoo d’Asson. Nous avons obtenu des naissances chez des espèces que nous reproduisons très rarement, voire jamais. C’est particulièrement encourageant. » Cette année, certains oiseaux font partie des plus belles satisfactions pour les équipes du parc. L’événement le plus marquant concerne sans doute les amazones à couronne lilas (Amazona finschi), un perroquet mexicain classé « En danger d’extinction » (EN) par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) en raison du trafic d’animaux sauvages et de la destruction de son habitat. Deux jeunes ont quitté le nid récemment après avoir été entièrement élevés par leurs parents. « Nous sommes vraiment très contents de cette naissance. Nous ne pratiquons jamais l’élevage à la main, les oiseaux doivent apprendre à élever leurs petits eux-mêmes, quitte à attendre plusieurs années avant qu’un couple réussisse sa première reproduction. Pour cette espèce, un nouveau mâle est arrivé l’an dernier et le couple s’est immédiatement formé. Il y a eu deux œufs, et deux jeunes élevés jusqu’à l’envol. On ne pouvait pas espérer mieux. » L’amazone à couronne lilas, ou amazone de Finsch, compte moins de 7000 individus matures dans la nature et seulement une trentaine dans les parcs zoologiques européens. La naissance cette année au Zoo d’Asson semble par ailleurs être la seule enregistrée cette année en Europe en parc zoologique. « C’est une espèce qui n’est vraiment pas très répandue donc nous sommes assez contents de cette réussite. Les deux jeunes sont en cours de sexage, nous attendons les résultats. Nous leur avons prélevé des plumes lors de leur premier examen vétérinaire, qui vise à les identifier par transpondeur, et nous avons envoyé ces plumes à un laboratoire qui déterminera s’il s’agit de mâles ou de femelles. » Le couple de chouettes du Chaco (Strix chacoensis), rapaces sud-américains extrêmement rares en captivité, a donné naissance à trois jeunes au printemps dernier. Le parc enregistre ici une première naissance pour cette espèce, accueillie seulement depuis 2022 grâce à l’arrivée d’un couple reproducteur en provenance de deux zoos espagnols. Il est aujourd’hui le seul établissement zoologique français à détenir cette espèce considérée comme « Quasi menacée » (NT) par l’UICN et qui ne compte elle aussi qu’une trentaine d’individus en parc zoologique en Europe. Le couple de grues antigone (Grus antigone) vient également de faire éclore deux jeunes, une première pour le parc. « Il semble qu’il n’y ai pas eu de naissances en France depuis au moins 10 ans, et les couples qui élèvent leurs jeunes sont vraiment rares en Europe. Nous avons aussi des petits pigeons de Nicobar, des petits ibis rouges, qui sont sortis de l’œuf il y a quelques jours, un bébé goura de Victoria, des petits hoccos de Daubenton et des petits guiras cantara, énumère Luc Lorca. Nous attendons avec impatience une naissance chez les grues royales aussi. »


De nombreux petits chez les mammifères dont des jumeaux chez les lémurs à front blanc
Du côté des mammifères, les bonnes nouvelles se sont elles aussi succédées. Un nouveau porc-épic des Philippines (Hystrix pumila) est venu agrandir la famille présente au Zoo d’Asson, une espèce encore peu représentée dans les zoos européens, considérée comme « Vulnérable » (VU) dans son milieu naturel mais que le parc parvient à reproduire régulièrement depuis plusieurs années. « Pour les mammifères, nous avons les grands classiques du Zoo d’Asson, les wallabies de Bennett, les wallabies de Parma, les maras de Patagonie, les kangourous roux et les makis catta, poursuit le directeur du parc. Chez les wallabies bicolores, une espèce emblématique du parc qu’on ne trouve pas partout, surtout pas en France, nous avons eu quatre petits cette année. » Le Zoo d’Asson héberge des wallabies bicolores (Wallabia bicolor) depuis près de trente ans et élève régulièrement des jeunes. Ce marsupial australien n’est visible dans aucun autre parc zoologique français actuellement mais dans une trentaine d’établissements à travers l’Europe. « Contrairement à d’autres wallabies, on ne peut maintenir qu’un seul mâle reproducteur par groupe car ils deviennent très agressifs entre eux. Les mâles surnuméraires rejoignent donc notre groupe de wallabies de Bennett, avec lesquels ils ne peuvent pas s’hybrider, et cela nous permet de conserver des reproducteurs disponibles sans déséquilibrer notre groupe. » Mais l’une des naissances les plus notables cette année au Zoo d’Asson concerne un lémurien menacé dans la nature et rare en captivité. « Nous avons eu la joie de voir naître des jumeaux chez les lémurs à front blanc, se réjouit Luc Lorca. C’est une espèce qui est malheureusement menacée et dont la population en captivité est en train de disparaître. » Originaire du nord de l’île de Madagascar, le lémur à front blanc (Eulemur albifrons) voit sa population diminuer dans la nature où il est classé « Vulnérable » (VU) par l’UICN. « Nous savions que notre mâle, qui commençait à prendre de l’âge, et que notre femelle âgée de 32 ans arrivaient au bout de leur potentiel reproducteur. Le parc Faunia à Madrid en Espagne nous a confié deux femelles l’hiver dernier, et cela a immédiatement fonctionné avec l’une d’elles qui a donné naissance à des jumeaux, un mâle et une femelle. Cette espèce mérite vraiment qu’on continue de la préserver. » Enfin, deux jeunes céphalophes du Congo (Philantomba monticola) sont également nés cette année à Asson. Ces petites antilopes forestières africaines figurent parmi les espèces les plus difficiles à reproduire en parc zoologique. Depuis plusieurs décennies, le Zoo d’Asson constitue d’ailleurs l’un des seuls zoos européens à obtenir des naissances chez cette espèce. « Historiquement, nous avons envoyé des animaux nés à Asson dans plusieurs établissements européens, au Zoo de Stuttgart et au Zoo de Krefeld en Allemagne, au Bioparc Fuengirola en Espagne ou au Zoo d’Arnhem aux Pays-Bas, mais tous ces parcs n’ont pas réussi à les reproduire. Les seuls qui y sont parvenus à ce jour sont le Zoo de Colchester en Angleterre et Randers Regnskov au Danemark. Ce dernier a eu un petit mâle cette année et c’est une super nouvelle car il n’y a pas assez de mâles dans la population européenne qui est malheureusement dans une véritable impasse au niveau génétique. »






