La Citadelle de Besançon a inauguré cet été un nouvel espace pour les langurs de François qui cohabitent désormais avec des émydes à cou rayé, des tortues d’eau douce. Un aménagement conçu pour répondre aux besoins des animaux qui s’inscrit dans une démarche de bien-être animal, de conservation des espèces menacées et de sensibilisation des visiteurs à leur protection.
Un nouveau lieu de vie pensé pour le bien-être des langurs de François et la cohabitation avec les émydes de Chine
Engagé durant l’automne 2025, ce projet a permis la réhabilitation d’une partie du Jardin zoologique de la Citadelle de Besançon inoccupée depuis plusieurs années, dans le cadre de la démarche de la Ville de Besançon en faveur du bien-être animal. Le nouvel espace, d’une superficie de 500 m², a ainsi été conçu pour répondre aux besoins physiologiques et comportementaux du groupe de langurs de François et des émydes à cou rayé, une nouvelle espèce pour le parc. L’aménagement s’appuie sur la configuration naturelle des lieux, notamment les reliefs escarpés des murs de la Citadelle, afin de proposer aux primates un environnement qui rappelle leur habitat d’origine. Des cordages, des lianes, des plateformes en bois et une végétation adaptée leur permettent d’évoluer dans un espace propice à l’expression de leurs comportements naturels, cinq fois plus spacieux que le précédent. Leur tranquillité a été prise en compte grâce à l’installation de zones de retrait, à la limitation des vitrages et à la mise en place de brise-vues. Le projet intègre également un enjeu de préservation de la biodiversité locale puisqu’un tunnel présent dans cet espace abrite une colonie de grands rhinolophes (Rhinolophus ferrumequinum), des chauves-souris, dont le passage a été préservé grâce à un dispositif empêchant l’accès des primates tout en permettant aux chiroptères de circuler. Les travaux ont mobilisé les équipes techniques et zoologiques de la Citadelle, une grande partie du chantier ayant été réalisée en interne. Le bâtiment servant d’abri aux animaux a été entièrement réhabilité et équipé d’un toit végétalisé destiné à améliorer son isolation thermique, ainsi que d’un éclairage ultraviolet spécifique pour assurer le confort hivernal des langurs de François et des émydes à cou rayé. Ces dernières disposent également d’une pièce chauffée avec un bassin pour la saison froide, et d’un second bassin à l’extérieur spécialement aménagé pour elles. À l’avenir, de nouvelles cohabitations avec d’autres espèces pourraient être mises en place au sein de cette espace.

Un espace consacré à deux espèces menacées de disparition dans la nature
Le langur de François (Trachypithecus francoisi) est un primate asiatique originaire du Vietnam et de Chine où il est actuellement classé « En danger d’extinction » (EN) par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). principalement menacé par la fragmentation et la destruction de son habitat au profit de terres agricoles mais aussi par la chasse pour la médecine traditionnelle, la population sauvage de langurs de François est estimé entre 2 000 et 2 100 individus, avec un déclin évalué à environ 50% en 36 ans. En parc zoologique, l’espèce fait l’objet d’un Programme Européen pour les Espèces menacées (EEP), coordonné par le Belfast Zoo en Irlande du Nord, qui recense actuellement une soixantaine d’individus seulement au sein des zoos européens. En France, seuls deux parcs zoologiques abritent des langurs de François, les Terres de Nataé en Bretagne, et la Citadelle de Besançon qui abrite un groupe familial de cinq individus, un couple et leurs trois jeunes. Le dernier-né est une petite femelle qui a vu le jour en décembre 2025. Les premiers représentants de l’espèce sont arrivés au parc en juillet 2012 et quatre jeunes y sont nés depuis. L’émyde à cou rayé (Mauremys sinensis), ou émyde de Chine, fait face à une situation encore plus préoccupante. Classée « En danger critique d’extinction » (CR) par l’UICN, elle a perdu 80% de ses effectifs sauvages en vingt ans, même si le nombre d’individus vivant encore dans la nature n’est pas connu. Les deux tortues accueillies à Besançon sont arrivées en 2026 et constituent les premiers représentants de l’espèce dans le parc. En réunissant ces deux espèces au sein d’un même espace, la Citadelle souhaite ainsi faire connaître au public les menaces qui pèsent sur elles et rappeler l’importance de préserver les milieux naturels dont elles dépendent.






