Ibis chauves © Jacky Renard
Ibis chauves / © Jacky Renard
Actualités

Retour à la nature pour des ibis chauves de la Citadelle de Besançon

Ce lundi 1er février, 8 ibis chauves du Jardin Zoologique de la Citadelle de Besançon partent pour l’Andalousie en vue d’un retour à la nature.

La Citadelle de Besançon héberge des ibis chauves depuis 1998 où ils se reproduisent depuis 2000. Parmi 14 jeunes nés entre 2019 et 2020, 8 d’entre eux vont partir pour l’Espagne où ils seront réintroduits dans la nature cette année. Ces ibis chauves seront accueillis près de San Ambrosio, Barbate en Andalousie dans une grande volière où ils resteront durant 1 mois. C’est l’équipe du Zoo de Jerez situé à plusieurs kilomètres du site qui prendra en charge les oiseaux pour leur acclimatation. A la fin du mois de février, la volière sera ouverte et les ibis auront alors tout le loisir de sortir, ils seront toujours nourris à proximité par l’équipe du zoo. Durant cette période d’adaptation, les ibis issus de zoos rencontreront des ibis sauvages, et commenceront leur apprentissage de la vie sauvage. Petit à petit, les ibis relâchés apprendront à se nourrir seuls, puis se disperseront parmi les individus sauvages et établiront leurs propres colonies.

Une population d’Ibis chauves fragile dans la nature

L’Ibis chauve est classé, depuis peu, En danger (EN) sur la liste rouge de l’UICN. A l’origine répartit sur tout le pourtour méditerranéen, il a subi un lourd déclin dû à la pression humaine et à la dégradation de son habitat. Au début du XXe siècle, seules quelques populations persistaient au Maroc et au Moyen-Orient puis seulement au Maroc à la fin du siècle. Le Parc National de Souss-Massa y a été créée pour protéger la dernière colonie d’une centaine d’oiseaux alors que l’espèce était au bord de l’extinction. Cette réserve héberge par ailleurs d’autres espèces comme l’Oryx algazelle, la Gazelle dorcas ou l’Addax, toutes menacées de disparition.

Grâce à la collaboration entre les parcs zoologiques européens et au dévouement de plusieurs personnes, l’Ibis chauve a pu faire son retour dans le sud de l’Espagne, là où seront relâchés les individus de Besançon. Cette réintroduction se fait dans le cadre d’un Programme d’Elevage Européen (EEP) qui permet la création de nouvelles colonies destinées à être relâchées dans la nature et qui portent ses fruits chaque année.

Le « Proyecto Eremita » soutenu par la Citadelle de Besançon

En juillet 2003, le ministère de l’environnement d’Andalousie lance le « Proyecto Eremita » (Projet Ibis chauve), qu’il confie au Zoo de Jerez, dans une zone considérée comme favorable et similaire aux conditions de vie de l’espèce au Maroc. L’objectif étant de créer une nouvelle population d’Ibis chauves, qui ferait un lien entre le continent européen et le Maroc, pour permettre des échanges génétiques entre des individus sauvages et des individus nés dans les parcs zoologiques européens. Les premiers oiseaux, provenant du Zoo de Jerez, sont relâchés en 2004. Depuis sa création, le projet a permis la réintroduction de nombreux oiseaux, permettant l’établissement d’une colonie viable dans le sud de l’Espagne. Chaque année, de nouveaux individus sont relâchés et on dénombre environ 115 ibis dans cette zone dont des jeunes nés de couples issus de la captivité.

La Citadelle de Besançon, comme plusieurs autres parcs zoologiques français tels que le Bioparc de Doué-la-Fontaine ou le Parc de Clères, soutient ce projet et participe à la réintroduction d’Ibis chauves chaque année. Plus d’une dizaine de zoos présentent et élèvent des ibis chauves en France. En 2020, le parc a financé 2 balises GPS pour le suivi des oiseaux et a participé à l’impression d’une BD, « L’histoire de Fontanilla », qui retrace la vie d’une jeune femelle ibis née de parents issus de zoo, en présentant les grandes lignes du programme de réintroduction.

Cinq ibis chauves du Parc Zoologique et Botanique de Mulhouse ont effectué le même voyage ce lundi 1er février. Le parc avait déjà envoyé des individus dans le cadre du Proyecto Eremita, il y en a eu 5 en 2014, 6 en 2017 et de nouveau 5 en 2020.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *