© Zoo d'Amnéville
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Loutre, fossa et antilopes rouannes : les nouveaux arrivants du Zoo d’Amnéville en 2024

L’année 2024 du Zoo d’Amnéville a été marquée par les arrivées de nouveaux animaux mais aussi de nouvelles espèces. Retour sur cette année riche en nouveautés…

Lynx, zèbres, jaguar, chat des sables : de nouveaux pensionnaires pour former des couples

Avant d’accueillir de nouvelles espèces, les équipes du Zoo d’Amnéville ont d’abord reçu plusieurs animaux appartenant à des espèces déjà présentes au parc, principalement pour compléter les groupes et former des couples. « Nous avons eu beaucoup de départs d’animaux en 2023, dans le but de remettre les animaux en situation de reproduction, explique Thomas Grangeat, directeur zoologique adjoint du Zoo d’Amnéville. Depuis que nous avons réintégré les Programmes Européens d’Élevage (EEP), nous suivons désormais leurs recommandations. » Le Zoo d’Amnéville a en effet retrouvé son statut de membre permanent de l’Association Européenne des Zoos et Aquariums (EAZA), ce qui lui permet notamment de réintégrer les programmes de reproduction et de contribuer à la préservation de certaines espèces. « Pour les chats des sables par exemple, nous avons accueilli deux petits mâles en provenance du Zoo de Gdańsk en Pologne. Un de ses mâles a été désigné pour se reproduire avec une femelle, donc nous avons fait partir son frère et le coordinateur nous a envoyé une femelle. » Parmi les autres nouveaux pensionnaires de 2024, le parc a notamment accueilli une femelle fennec, un jeune jaguar mâle venu de Parrot World en Seine-et-Marne, ainsi qu’une femelle caracal. Ces trois animaux ont rejoint des congénères déjà présents au zoo dans l’objectif de former de nouveaux couples reproducteurs.

« Nous avons aussi accueilli les deux zèbres qui étaient présents au Zoo d’Amiens, étant donné que le parc est en complète reconstruction, ils ont cherché à placer leurs deux animaux. » Les deux nouveaux zèbres des plaines, un mâle et une femelle, ont rejoint deux femelles sur la plaine africaine du Zoo d’Amnéville. « Nous avons stérilisé le mâle parce que nous ne souhaitons pas de reproduction. Nous avions déjà deux femelles, nous en avons trois maintenant mais nous aimerions bien en accueillir une quatrième, si un parc est dans le besoin à un moment. » Du côté des lynx, qui profitent d’un nouvel enclos depuis 2023, il y a aussi eu du changement avec le départ d’un des mâles et l’arrivée d’une femelle. « La coordinatrice du programme nous a proposé de participer à un programme de réintroduction mais il y avait la nécessité de s’assurer qu’il s’agissait de pures lynx des Carpates, poursuit Thomas Grangeat. Donc il y a une étude génétique qui a été réalisée sur ces deux animaux qui a confirmé qu’ils étaient de pures souches. » L’un des deux mâles du Zoo d’Amnéville a quitté le parc en 2024 pour rejoindre un zoo en Angleterre. Il a été remplacé quelques semaines plus tard par une femelle venant du Parco Natura Viva en Italie. « Pour l’instant, tout se passe très bien? Nous espérons avoir des bébés avec cette femelle. Pour le programme de réintroduction, les petits qui naissent chez nous ne seront pas directement réintroduits dans la nature mais ce sont des animaux qui partiront dans des structures d’élevage qui sont faites pour avoir un minimum de contact avec l’humain, et finalement ce sont les bébés de nos bébés qui seront prévues à la réintroduction. »

Le parc accueille également de nouvelles espèces

L’année 2024 du Zoo d’Amnéville a été marquée par l’arrivée de nombreuses nouvelles espèces, notamment avec celle de Josy, une femelle alligator du Mississippi, installée dans un coin du vivarium. « C’est un alligator du Mississipi que nous avons récupéré à la suite d’une saisie. Nous avons dû intervenir avec la police de l’environnement pour accueillir cet animal le temps d’une régularisation de la part du propriétaire, ou du moins de la personne qui l’avait chez elle. » Le crocodilien a été placé à la sortie du vivarium, dans un espace qui a longtemps abrité des caïmans à lunettes et qui héberge aujourd’hui des tortues aquatiques avec lesquelles la cohabitation se passe bien. Un caméléon panthère est aussi arrivé il y a quelques mois mais ce dernier n’est pour le moment pas visible du public. Il est actuellement installé dans les coulisses du zoo le temps qu’un environnement lui soit confectionné sur le parcours de visite. Plusieurs oiseaux ont aussi rejoint le parc en 2024, à l’image des loris noira, placés dans la volière des loriquets arc-en-ciel, et d’autres espèces qui apparaîtront prochainement dans la présentation en vol libre Les Ailes du Monde. « Nous avons aussi reçu des hérons garde-bœufs que le Zoo d’Upie nous a confié, et deux tantales ibis. Ils sont très marrants et travaillent très bien. Ce sont des bébés qui sont nés à Villars-les-Dombes et que le parc a eu la grande gentillesse de nous confier également. » Arrivées en provenance du ZooParc de la Vallée de la Sûre en Belgique, deux femelles moufettes rayées ont également intégré la collection du parc, en cohabitation avec les ratons laveurs. « Ça se passe très bien, alors en ce moment nous avons une ambiance odorante autour de l’enclos car ils sont en train de faire connaissance. C’est un enfer mais c’est mignon ! On ne voit pas souvent cette espèce en captivité, nous avons pris le temps de nous rendre au Parc animalier de Sainte-Croix, parce qu’ils font cette mixité depuis quelques années, et ils ont été d’excellents conseils pour nous aidé à faire cette cohabitation. »

L’arrivée d’un mâle loutre d’Europe

Depuis plusieurs semaines, l’ancien espace des loutres du Canada, inoccupé depuis le décès de sa dernière habitante en 2023, est devenu le lieu de vie d’une autre espèce de loutre : la loutre d’Europe. Un mâle est arrivé récemment en provenance du Zoo de Poznań en Pologne sur les recommandations du coordinateur de l’EEP, basé à la Ménagerie du Jardin des Plantes. « Il est seul et le restera, parce que contrairement à d’autres loutres, la loutre d’Europe ne vit pas en famille, elle est beaucoup plus solitaire, indique Thomas Grangeat. Notre installation ne nous permet pas d’accueillir plusieurs animaux pour faire la reproduction, et il faut des structures qui gardent les surplus, les mâles ou les femelles qui sont à la retraite parce qu’ils sont génétiquement trop représentés. » Compte tenu du faible nombre de loutres du Canada présentes dans les parcs zoologiques européens, les équipes du Zoo d’Amnéville souhaitaient dédier cet espace à une espèce placée sous programme d’élevage en Europe et nécessitant de nouveaux établissements détenteurs. « Il vient d’arriver, il est enfin dans son nouvel enclos mais il est très timide. Pour l’instant, il a fait une première sortie du bâtiment avant de rentrer sous le rocher où l’ancienne loutre du Canada avait fait sa tanière. Il l’a trouvé et depuis, nous ne l’avons plus revu… mais on sait qu’il est là ! Les animaux timides mettent parfois beaucoup de temps à sortir, ce n’est pas plus mal qu’il soit arrivé en hiver : il y a moins de monde et moins de regards sur lui. Maintenant, pour nos visiteurs, on espère qu’il se sera un peu détendu pour le mois d’avril ! »

Un groupe d’antilopes rouannes et une famille de chats-léopards du Bengale

Les deux zèbres des plaines du Zoo d’Amiens ne sont pas les seuls nouveaux arrivants à avoir intégré la plaine africaine du Zoo d’Amnéville puisqu’un groupe reproducteur d’antilopes rouannes y a également fait son entrée en 2024. « Nous voulions remettre une espèce qui avait aussi un enjeu de conservation avec un EEP, détaille le directeur zoologique adjoint du parc. Alors, quand on regarde le statut UICN de cette espèce, elle n’est pas vraiment menacée. Par contre, il y a des zones où il y a de gros soucis, donc il y a des enjeux de conservation qui sont importants dans des zones précises. » Ce nouveau groupe est composé d’un mâle venu du Safaripark Dvůr Králové en République Tchèque, et de deux femelles qui sont arrivées du Zoo African Safari et de la Réserve Africaine de Sigean. « Leur intégration a été très bonne, ce sont des animaux qui sont nés dans des environnement beaucoup plus ouverts, dans des safaris. C’est forcément beaucoup plus grand que chez nous donc nous avions un peu de craintes vis-à-vis de la nervosité des animaux. Mais finalement, ils se sont très vite adaptés, ils étaient nerveux mais ça a été très bien géré. » Les trois antilopes rouannes évoluent depuis aux côtés des zèbres, des girafes, des pintades de Numidie, des grues royales, des autruches et des cobes de Lechwe. « Une dernière nouvelle espèce va arriver sur la plaine rapidement, je laisse les gens qui nous suivent sur les réseaux sociaux le découvrir en temps et en heure, mais elles vont arriver. »

Juste avant la sortie du parc, les visiteurs peuvent découvrir une autre nouvelle espèce dans l’un des enclos du secteur des félins. Une famille de chats-léopards du Bengale a été accueillie en provenance du Lumigny Safari Reserve qui se sépare de cette espèce encore peu représentée dans les parcs zoologiques français. « Ils sont dans une volière dans laquelle, historiquement, il y avait des chats pêcheurs. C’étaient de vieux individus et nous avions décidé d’attendre un peu avant de la rénover complètement. Nous y avions placé les grands hoccos pendant un temps, puis les grands-ducs du Bengale, et puis on a fini par avoir cette opportunité de récupérer quatre chats-léopards du Bengale. » Il s’agit d’un groupe familial composé de trois femelles et d’un mâle qui sont apparentés. « Il y a le père, la mère et les deux filles. Le mâle a été stérilisé avant qu’ils arrivent chez nous. » Originaire d’Asie, de l’Inde jusqu’au sud de la Chine, le chat-léopard du Bengale est classé en « Préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Il est peu présent dans les zoos français et son hybridation avec des chats domestiques il y a près de 5500 ans a donné naissance à la race Bengal, très populaire auprès du grand public. « Aujourd’hui, on voit de plus en plus de personnes qui cherchent à avoir des animaux qui ressemblent à un chat sauvage, comme les Savannah par exemple, avec des chats qui sont croisés avec des félins sauvages. Je pense nous avons un rôle à jouer dans la sensibilisation et la vulgarisation de ces thématiques. Cela nous permet aussi d’accueillir une toute petite espèce de félin. Nous cherchons de plus en plus à avoir des espaces qui sont plus grands, plus volumineux, donc ça n’avait pas trop de sens de reprendre un félin de taille moyenne. »

Le Zoo d’Amnéville accueille également un fossa, un carnivore malgache rare en parc zoologique

La nouvelle espèce la plus exceptionnelle accueillie l’an dernier par le Zoo d’Amnéville est sans aucun doute le fossa, le plus grand carnivore de Madagascar. « C’est une super espèce qui soulève un gros sujet de discussion sur l’état des forêts de Madagascar, explique Thomas Grangeat. Elle fait partie des espèces qu’on ne voit pas beaucoup en parc zoologique mais qui ont un intérêt fou et qui méritent d’être un peu mieux mises en avant. » Le Zoo d’Amnéville est ainsi devenu le troisième établissement en France à présenter cette espèce au public. Dans la nature, le fossa est classé « Vulnérable » (VU) par l’UICN qui estime également sa population sauvage entre 2500 et 8500 individus. Le parc a récemment accueilli un mâle de 13 ans en provenance du Zoo de Duisbourg en Allemagne. Cet individu, nommé Reno, s’est déjà reproduit à plusieurs reprises et son ancien établissement, qui a obtenu des petits à plusieurs reprises, devait lui trouver un nouveau lieu d’accueil pour sa retraite. « Il est exceptionnel. C’est un animal sur lequel je ne saurais pas trouver de parallèle avec une autre espèce à travailler avec, c’est vraiment particulier. C’est une espèce qui a en plus du sens dans la conservation en parc zoologique. Nous nous sommes rapprochés d’Emmanuel Mouton, le directeur de la Réserve Zoologique de Calviac, qui fait partie du Species Comittee au sein de l’EEP de cette espèce, il nous a donné de très bons conseils. Nous avons contacté le coordinateur du programme, monté notre structure, préparé notre enclos et nous avons accueilli Reno. »

Les équipes du Zoo d’Amnéville lui ont aménagé une volière dans un enclos qui était inoccupé depuis quelque temps déjà et se sont adaptées aux besoins de cette espèce unique et discrète. « C’est un enclos qui était vide et que nous voulions remettre au goût du jour. Il est installé entre les géladas et l’installation des gorilles. À l’origine, il s’agissait du pré-parc d’un enclos à tigres il y a très longtemps, qui a aussi vu passer des dik-diks de Kirk. Il y avait déjà de grandes clôtures avec des retours et nous n’avions plus qu’à couvrir le dessus avec un filet. » Le fossa est de nature solitaire, et le Zoo d’Amnéville a fait le choix, comme pour la loutre d’Europe, de ne présenter qu’un seul individu au public, d’autant plus que la disposition de cet enclos ne permet pas d’en accueillir plusieurs. « Il s’est très bien acclimaté, il dort beaucoup, mais ça va avec la bonne nourriture ! Il y a une vitre qui donne sur tout l’espace, il bouge beaucoup et il est assez actif. Alors, ça va être de moins en moins facile de le voir parce que nous laissons volontairement la végétation pousser, car nous savons que les fossas peuvent être sensibles à la stéréotypie s’ils n’ont pas de zones pour se soustraire à la vue du public. Le bâtiment possède aussi une grande vitre qui donne sur une première loge et, derrière, en enfilade, il y a une deuxième loge qui n’est pas du tout visible du public et à laquelle il a également accès. » Les soigneurs lui ont tout de même aménagé un petit espace rassurant devant la vitre de son bâtiment, dans lequel il passe souvent son temps à dormir. Présenter le fossa aux visiteurs du Zoo d’Amnéville leur permet d’observer une espèce unique et d’être sensibilisés aux enjeux liés à sa conservation et à la protection de la biodiversité malgache.

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