© Bioparc - P. Chabot
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Un nouveau rhinocéros noir a rejoint le Bioparc de Doué-la-Fontaine

Le Bioparc de Doué-la-Fontaine a récemment accueilli Jumaane, un jeune rhinocéros noir mâle né en 2018 au Chester Zoo au Royaume-Uni. Ce transfert, réalisé dans le cadre du Programme Européen d’Élevage (EEP) des rhinocéros noirs, justement coordonné par le Chester Zoo, doit permettre de favoriser la reproduction de l’espèce au sein du Bioparc.

Après un voyage de deux jours entre l’Angleterre et la France, le jeune mâle a rejoint la Vallée des Rhinocéros du parc le 22 avril 2026, un espace de deux hectares récemment réaménagé où vivent déjà la femelle Tisa, 32 ans, et sa fille Kinna, née sur place et désormais âgée de 4 ans. « L’objectif à long terme est que Jumaane s’accouple avec les deux femelles résidentes du parc afin de maintenir une population captive viable génétiquement et démographiquement », précise François Gay, directeur du Bioparc. Cette arrivée fait également suite au décès de Djaoul, le précédent mâle du Bioparc et père de Kinna, survenu début 2025. Depuis sa disparition, le parc ne comptait plus de mâle rhinocéros noir au sein de son groupe reproducteur.

Le transfert de Jumaane a nécessité une importante préparation logistique, le jeune rhinocéros noir ayant voyagé dans une caisse de transport spécialement conçue pour son gabarit, à bord d’un camion spécialisé qui a du traverser la Manche en ferry pour rejoindre la France. À son arrivée au Bioparc, il a d’abord été placé en phase d’acclimatation et de surveillance avant ses futures mises en contact progressives avec les femelles du parc. Âgé de 8 ans, Jumaane s’apprête à vivre sa première expérience de reproducteur aux côtés de Tisa, encore fertile, et de Kinna qui n’a encore jamais eu de petit.

L’arrivée de ce mâle permet aussi de rappeler la situation fragile du rhinocéros noir dans la nature. « Aujourd’hui, environ 6800 rhinocéros noirs subsistent à l’état sauvage, dans les savanes africaines, avec une progression d’environ 5 % depuis 2023, notamment grâce au renforcement de la lutte contre le braconnage et à la protection accrue des habitats. L’enjeu sera désormais de favoriser la reproduction de cette espèce au cœur du parc, une mission essentielle pour contribuer activement à la sauvegarde du rhinocéros noir. »

L’espèce est principalement menacée par le braconnage lié au trafic de cornes ainsi que par la destruction de son habitat, conduisant l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a la classer « En danger critique d’extinction » (CR) sur la liste rouge des espèces menacées. L’EEP compte environ 80 individus répartis dans une vingtaine d’institutions en Europe. En France, seuls deux parcs zoologiques abritent un total de 8 individus : le Bioparc de Doué-la-Fontaine et le Zoo du Bassin d’Arcachon.

Le Bioparc accompagne également plusieurs actions de conservation menées directement sur le terrain afin de participer à la protection des rhinocéros noirs dans leur milieu naturel. Parmi les projets soutenus figure la Solio Game Reserve au Kenya, l’un des plus importants sanctuaires consacrés à l’espèce en Afrique. Grâce au soutien financier du Bioparc et de son Fonds de dotation Bioparc Conservation, avec près de 10 000 € versés en 2025, différentes actions concrètes peuvent être mises en place pour améliorer les conditions de travail des rangers chargés de la surveillance et de la protection des animaux.

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