© Victor Lahcen - Nature et Zoo
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Le PAL renforce son engagement pour la conservation des rapaces européens et prépare de futurs projets de réintroduction

Au-delà de ses grands investissements, Le PAL poursuit le développement de son implication dans la conservation d’espèces européennes. Le parc a accueilli deux couples de rapaces menacés et souhaite participer à la reproduction de ces espèces et à leur retour dans la nature.

Depuis 2024, Le PAL accueille un couple de gypaètes barbus (Gypaetus barbatus) dans le cadre du Programme Européen d’Élevage (EEP) de l’espèce, coordonné par l’Association Européenne des Zoos et Aquariums (EAZA), et en partenariat avec la Vulture Conservation Foundation (VCF). Âgés d’environ trois ans, ces deux oiseaux sont encore trop jeunes pour se reproduire, mais les équipes du parc sont confiantes quant à leur avenir. « Il faudra être patient car ce sont des oiseaux qui sont relativement jeunes, mais ils s’entendent déjà très bien, explique Nicolas Géli, responsable zoologique du PAL. On parle bien d’un couple dans le sens où ce sont deux individus qui vivent ensemble et qui sont amenés à se reproduire. »

Le gypaète barbu est l’un des rapaces les plus emblématiques d’Europe. Disparu de nombreuses régions au cours du XXe siècle en raison des persécutions humaines, des empoisonnements, de la raréfaction de ses ressources alimentaires et des collisions avec les infrastructures électriques, il fait aujourd’hui l’objet d’importants programmes de réintroduction notamment dans les Alpes et le Massif central. Classé « Quasi menacé » (NT) par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) à l’échelle mondiale, il reste néanmoins très fragile dans plusieurs régions européennes, comme autour de la Méditerranée où il est considéré « En danger d’extinction » (EN). Son rôle écologique est pourtant essentiel : surnommé le « casseur d’os », il est le seul rapace capable de se nourrir principalement d’os qu’il brise en les laissant tomber sur les rochers.

En parallèle, au début de l’année 2026, Le PAL a également reçu un couple de vautours moines (Aegypius monachus), là aussi deux jeunes individus, dont les futures reproductions pourraient intégrer un programme de réintroduction dans la nature. « Nous trouvions intéressant, dans la continuité des gypaètes barbus, de poursuivre avec une autre espèce européenne. Nous avons donc contacté le coordinateur de l’EEP du vautour moine qui a répondu favorablement et qui nous a confié un couple. »

Le vautour moine, plus grand rapace d’Europe avec près de trois mètres d’envergure, a lui aussi connu un effondrement spectaculaire de ses effectifs sous l’effet des empoisonnements, de la destruction de ses habitats, du dérangement des sites de nidification et de la disparition progressive des grands troupeaux sauvages et domestiques dont il dépend pour son alimentation. L’espèce est elle aussi classée « Quasi menacée » (NT) par l’UICN à l’échelle mondiale, même si certaines populations européennes restent particulièrement vulnérables. Grâce aux importants programmes menés en Espagne, en France ou dans les Balkans, plusieurs noyaux de population ont toutefois pu être reconstitués ces dernières décennies. Comme le gypaète barbu, le vautour moine joue un rôle sanitaire majeur en éliminant rapidement les carcasses d’animaux morts dans son milieu naturel.

Afin de privilégier le bien-être de ces espèces particulièrement sensibles au dérangement et favoriser leur reproduction, Le PAL a fait le choix de ne pas les présenter au public. « C’est un choix de notre part. Même si le parc est grand, nous n’avions pas forcément un emplacement approprié qui n’interagisse pas avec de futurs projets. Nous avons donc fait nos volières bien plus grandes que les standards imposés, dans une zone de non-présentation au public, dans laquelle nous avons toutes nos volières de reproduction, nos volières d’hivernage et des espaces de vie pour les oiseaux. Elles répondent évidemment aux critères très précis qu’impose les EEP et sont aussi dotées d’un système de caméras de vidéosurveillance qui nous permettent un suivi des oiseaux, y compris les nids et ce qu’il se passera dedans. » Les futures naissances au PAL, chez les gypaètes barbus comme les vautours moines, auront vocation à être majoritairement relâchées dans la nature. Environ 80 % des jeunes nés dans le cadre des EEP de ces espèces sont destinés au renforcement des populations sauvages, le reste sera intégré au programme de reproduction au sein des parcs zoologiques et des centres de reproduction européens.

En parallèle, la Fondation Le PAL Nature soutient déjà concrètement la conservation du gypaète barbu en finançant notamment du matériel spécialisé, comme des incubateurs destinés au CEN Haute-Savoie (Conservatoire des Espaces Naturels de Haute-Savoie), l’Association Graine d’éleveurs (financement d’une balises balise GPS) ou la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), tous directement impliqués dans les programmes français de suivi, de reproduction et de réintroduction. Le PAL réfléchit déjà à des dispositifs pédagogiques permettant de valoriser ces programmes auprès des visiteurs. « Dans le futur, nous avons l’idée de créer une petite maison de la conservation dédiée à tous les programmes français et européens que nous sommes amenés à soutenir ou à mettre en place. Nous pourrons parler de la chouette hulotte, de la chouette de l’Oural, du loup gris européen, du vautour moine et du gypaète barbu, et nous espérons aussi parler du lynx bientôt. Et dans cette maison, il y aura des caméras pour permettre de partager avec le public, avec les scolaires, les images des nids et des volières de nos rapaces et ainsi expliquer ce que nous faisons concrètement pour toutes ces espèces. »

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