© Cyprien Brice - Citadelle de Besançon
© Cyprien Brice - Citadelle de Besançon

Deux grands hapalémurs et un vari à ceinture blanche sont nés à la Citadelle de Besançon

En l’espace de quelques semaines, le Jardin zoologique de la Citadelle de Besançon a enregistré trois naissances d’une importance exceptionnelle avec les venues au monde de deux bébés grands hapalémurs et d’un vari à ceinture blanche, deux espèces gravement menacées dans la nature.

Deux naissances de grands hapalémurs, un succès rare pour une espèce au bord de l’extinction

Le premier petit grand hapalémur est né le 6 mai dernier, suivi quelques semaines plus tard par un second nouveau-né. Une double réussite exceptionnelle pour le parc qui n’avait plus enregistré de naissance de cette espèce depuis 2013. Avec ces deux nouveau-nés, la population mondiale maintenue en dans les parcs zoologiques passe de 44 à 46 individus, tous hébergés dans des établissements européens. Classé « En danger critique d’extinction » (CR) par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) depuis près de trente ans, le grand hapalémur (Prolemur simus) figure parmi les primates les plus menacés de la planète. Endémique des forêts humides de Madagascar, il a longtemps été considéré comme quasiment condamné avant que de nouvelles populations ne soient découvertes au cours des dernières années. Selon le parc, on estime aujourd’hui qu’il subsiste entre 1000 et 1500 individus dans la nature, contre environ 600 seulement en 2013. Malgré cette progression, l’espèce reste extrêmement vulnérable face à la destruction de son habitat, aux cultures sur brûlis, à l’exploitation minière, aux cyclones et au braconnage. La Citadelle de Besançon abrite des grands hapalémurs depuis 2005 et a déjà enregistré huit naissances de cette espèce. Au-delà de son implication au sein du Programme Européen d’Élevage (EEP), l’établissement agit également directement à Madagascar à travers son engagement historique auprès de l’association Helpsimus, cofondée en 2009 avec le Parc Zoologique de Paris. Cette organisation mène des actions de protection des forêts, de suivi scientifique, d’éducation des populations locales et de développement des villages riverains.

Un vari à ceinture blanche vient compléter une saison exceptionnelle pour les primates de la Citadelle de Besançon

Quelques jours après ces deux naissances, le Muséum a également annoncé la venue au monde d’un jeune vari à ceinture blanche, né le 23 mai 2026 et prénommé Toky, signifiant « espoir » en malgache. Il s’agit du premier petit du couple du parc, formé en 2024, composé d’une femelle arrivée du Zoo d’Heidelberg (Allemagne) et d’un mâle issu du Parc Zoologique de Paris. Cette naissance constitue la première de l’espèce à Besançon depuis 2019 et la dixième enregistrée par le parc depuis le début des années 2000. Le vari à ceinture blanche (Varecia variegata subcincta), plus rare des sous-espèce de vari noir et blanc, est lui aussi classé « En danger critique d’extinction » (CR) par l’UICN. Les estimations font état de moins de 200 individus dans la nature et seulement 105 maintenus dans les parcs zoologiques. En deux décennies, l’espèce aurait perdu près de 80% de sa population sauvage à Madagascar, notamment sous l’effet de la déforestation, des cultures sur brûlis, de l’exploitation forestière, de l’extraction minière et de la chasse. Comme pour le grand hapalémur, cette reproduction est étroitement encadrée par le coordinateur européen de cette sous-espèce, basé au Costwold Wildlife Park au Royaume-Uni, afin de préserver la diversité génétique de la population captive. Les premiers jours de vie du jeune sont suivis grâce à un système de vidéosurveillance installé dans les loges permettant aux soigneurs d’observer discrètement le comportement maternel sans perturber la famille. À travers ces trois naissances, associées à celles d’un langur de François en décembre 2025 et d’un propithèque couronné en février 2026, la Citadelle de Besançon enregistre de précieuses naissances pour des espèces en grave danger de disparition dans leur milieu naturel et peu communes en captivité. En parallèle, l’établissement poursuit son engagement in situ en soutenant financièrement, à hauteur de 1000 à 2500 € par an, via le Fonds de dotation du Muséum de Besançon, plusieurs associations malgaches parmi lesquelles Helpsimus, Impact Madagascar, AEECL (Association Européenne pour l’Étude et la Conservation des Lémuriens) ou encore Caméléon Center Conservation, qui œuvrent chaque jour à la protection des habitats naturels et sensibilisent les populations locales.

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