© Victor Lahcen - Nature et Zoo
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Le ZooParc de Beauval renonce finalement au projet d’accueil de dauphins

À la fin du mois d’août, un an après l’annonce du projet, le ZooParc de Beauval indique finalement renoncer à la création du Centre d’Études, de Recherche Scientifique et de Sauvegarde pour Dauphins (CERSSD).

Ce projet, annoncé en septembre 2025, était conçu comme une solution pour l’accueil des dauphins du Marineland d’Antibes, fermé au public depuis janvier 2025, et ceux de Planète Sauvage, qui souhaitait également se séparer de ses cétacés. « Lorsque l’État nous a sollicité pour étudier la possibilité d’accueillir les dauphins concernés par la loi de 2021, nous avons immédiatement accepté d’étudier ce projet, raconte Rodolphe Delord, directeur du ZooParc de Beauval, dans une vidéo publiée fin août. Non pas pour pour développer une nouvelle activité, mais parce que nous pensions pouvoir apporter une solution à des animaux dont l’avenir était plus qu’incertain. »

Le futur centre devait être pensé spécifiquement pour les cétacés, avec des installations permettant d’assurer leur prise en charge à long terme tout en développant des projets d’étude et de conservation. « Pendant de nombreux mois, nos équipes, aux côtés d’ingénieurs, d’architectes, d’experts, ainsi que des services de l’État, ont étudié tous les aspects du projet : les besoins des animaux, les installations, les enjeux scientifiques, les contraintes techniques, les impacts environnementaux, les investissements et les coûts de fonctionnement. » Le projet avait été dimensionné sur environ 2,5 hectares et devait comprendre une dizaine de bassins différents, dont trois grands lagons paysagers, représentant près d’un hectare de surface en eau pour un volume total d’environ 35 000 m³ d’eau de mer reconstituée. Le parc annonçait une filtration biologique, sans ajouts de produits chimiques tels que le chlore, et quelques espèces de poissons devaient être élevés dans ces mêmes bassins. L’aménagement devait s’éloigner du modèle classique du bassin de présentation de dauphins en captivité, écartant toute mise en scène sous la forme de spectacle et intégrant des plages, des rochers, ainsi que des zones générant des vagues et des courants. Le centre avait été pensé pour accueillir 20 à 30 dauphins avec une priorité donnée aux dauphins encore hébergés en France et pouvant s’étendre à d’autres individus avec un besoin de placement urgent en Europe.

Cette infrastructure représentait un investissement estimé dans un premier temps à 25 millions d’euros, avant de finalement atteindre près de 45 millions d’euros. « Ce projet est devenu d’une ampleur exceptionnelle, il représente un investissement considérable, auquel s’ajoute des coûts de fonctionnement très importants, détaille Rodolphe Delord. Avant même le premier coup de pelle, nous avons déjà engagé plus d’1,5 million d’euros dans les études, les expertises, les démarches administratives, et la conception d’un tel projet. Nous l’avons fait car nous étions convaincu qu’il était possible de construire un projet exemplaire, répondant aux plus hautes exigences en matière de bien-être animal. » Alors que le projet avait franchi plusieurs étapes administratives en 2026, notamment avec une autorisation préfectorale portant sur la création du centre, l’alimentation en eau des bassins, le traitement des eaux pluviales et la gestion des rejets d’eau salée, Beauval a finalement décidé de ne pas poursuivre l’opération. « Je vous informe donc aujourd’hui que Beauval ne poursuivra pas ce projet. Ce n’est pas la décision que nous espérions prendre, c’est celle que nous devons prendre en responsabilité. »

Selon le parc, les recours juridiques engagés contre le projet maintiennent une incertitude ne permettant pas un investissement de cette ampleur et empêchent notamment les partenaires financiers de s’engager sur le long terme. « Nous étions en capacité de l’assumer, mais nous devons faire face à un contexte juridique qui demeure particulièrement incertain. Nous ne pouvons pas engager un investissement d’une telle ampleur dans un contexte où la multiplication des recours fait peser une incertitude permanente sur la réalisation du projet. Une telle situation ne permet pas de garantir sereinement l’avenir de ces animaux. Notre responsabilité est aussi de garantir l’avenir de Beauval, les emplois, nos collaborateurs, et notre capacité à poursuivre les très nombreux programmes de conservation que nous soutenons partout dans le monde. Pendant de longs mois, j’ai sincèrement cru que nous pourrions offrir à ces animaux un avenir à la hauteur de ce qu’ils méritent. Depuis le début de ce sujet, quelques voix se sont élevées pour critiquer ce projet. En revanche, à ce jour, aucune solution concrète, immédiatement opérationnelle, répondant aux mêmes exigences en matière de bien-être animal et garantissant un financement pérenne sur plusieurs décennies, n’a été présentée. À Beauval, nous avons fait un autre choix, celui d’agir. »

Le CERSSD devait initialement ouvrir au premier semestre 2027. Au Marineland d’Antibes, huit des douze dauphins du parc ont déjà été transférés vers un autre établissement en Espagne où leur avenir est incertain. Et pour l’heure, Planète Sauvage ne s’est pas prononcé sur le devenir des onze cétacés encore présents au parc.

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