Mammifères

Loup à crinière

> Généralités

Plus grand canidé d’Amérique du Sud, le loup à crinière n’a de loup que le nom ! Il ressemble plus à un renard roux monté sur échasses, même si ce n’en est pas non plus un. Il occupe en réalité une place unique au sein des Canidés, puisqu’il est le seul membre encore vivant de sa famille à appartenir au genre Chrysocyon

Le loup à crinière est facilement reconnaissable à son pelage roux, sa crinière de poils noirs érectiles (qui lui vaut son nom) ainsi qu’à ses longues pattes, qui sont une adaptation au milieu qu’il fréquente, à savoir les plaines à hautes herbes. Il peut ainsi voir au-dessus de celles-ci !

> Répartition et habitat

Le loup à crinière ne vit que dans le centre-est de l’Amérique du Sud, du nord-est du Brésil jusqu’à la frontière péruvienne, en passant par le nord du Paraguay et de l’Argentine.

Ce canidé fréquente principalement les plaines et savanes herbeuses, notamment celles du Cerrado brésilien, mais on peut aussi le rencontrer dans les forêts sèches broussailleuses et les zones marécageuses.

> Régime alimentaire

Le loup à crinière est un omnivore et un chasseur essentiellement solitaire. Il chasse surtout pendant la nuit, au crépuscule et à l’aube, les journées étant généralement consacrées au repos. Doté d’une ouïe fine et d’un odorat performant, ce canidé repère ses proies avec une grande facilité.

Il se nourrit de lapins, de petits rongeurs, oiseaux et reptiles ainsi que d’insectes. Il fait pivoter ses grandes oreilles mobiles pour écouter ses proies dans les herbes, frappe le sol avec l’une de ses pattes avant pour faire sortir la proie et bondir dessus pour l’attraper ou encore creuse pour débusquer des proies qui s’enfouissent. 

Il consomme également divers fruits et légumes selon les saisons, qui représentent jusqu’à 50 % de son alimentation. Son mets favori : la lobeira, une petite baie à l’apparence de tomate, dont le nom signifie littéralement « fruit du loup ». 

> Vie sociale et reproduction

Le loup à crinière vit en solitaire mais partage environ 20 à 30 km² avec son ou sa partenaire lors de la période de reproduction. Chaque territoire est délimité par des excréments régulièrement déposés à des points stratégiques. Les mâles solitaires restent aux abords de ces territoires et remplacent les mâles décédés.

Après une gestation d’environ 2 mois, la femelle met au monde 1 à 5 louveteaux qu’elle allaitera ensuite pendant 4 mois. En général, seule la mère élève ses petits, le mâle n’intervenant que quelques fois après le sevrage, pour le nourrissage des jeunes. Ces derniers pourront se reproduire très tôt, dès l’âge d’un an.

> Menaces et conservation

Bien que strictement protégé dans la majorité des pays qu’il fréquente, le loup à crinière est malheureusement en voie de disparition. La principale menace qui pèse sur l’espèce est la destruction de son habitat naturel au profit de l’agriculture intensive. En plus de réduire et de fragmenter son habitat, cette dernière entraîne aussi la disparition des espèces qui constituent son alimentation.

Accusé à tort par les éleveurs de s’attaquer à leur bétail, ces derniers tuent le loup à crinière dès que ce dernier a le malheur de s’approcher trop près des fermes… alors qu’il est à peine capable de s’en prendre à un agneau ! D’autres menaces, de plus en plus fréquentes, mettent en péril la survie du canidé, à savoir les collisions routières et la transmission de maladies par les chiens domestiques.

Il ne resterait plus aujourd’hui que 2 000 individus à l’état sauvage. L’espèce est actuellement classée « Quasi menacé » (NT) sur la liste rouge de l’UICN.

> En parc zoologique

Le loup à crinière est aujourd’hui présent dans pas loin d’une vingtaine de zoos français. Découvrez la liste des parcs zoologiques qui hébergent des loups à crinière.

L’espèce fait l’objet d’un Programme Européen pour les Espèces menacées (EEP), géré par le Zoo de Leipzig, en Allemagne.

 

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