Le Zoo de La Boissière conclut cette année la transformation de plusieurs de ses installations, avec la création de nouveaux espaces dans le but d’y reloger certains des animaux déjà présents dans le parc. Des vautours dans l’ancien enclos des loups aux otocyons et porcs-épics désormais réunis dans un espace cinq fois plus grand, le visage du parc a profondément évolué ces dernières années pour répondre notamment au bien-être des animaux.
Les vautours investissent l’ancien enclos des loups
Après plusieurs mois de travaux, l’ancien enclos occupé par la meute de loups du Canada, déménagée en 2025 pour un territoire dix fois plus grand, a été entièrement réaménagé pour accueillir une nouvelle installation consacrée aux vautours. L’espace de 1200 m² a été divisé en deux volières de 600 m² chacune, culminant à 9 mètres de hauteur. « Tout l’hiver, ce qui nous a occupés, c’était l’aménagement de l’ancien enclos des loups qui est passé en grosse volière vautours, explique Sébastien Laurent, le directeur du Zoo de La Boissière du Doré. Il y a une volière pour les vautours de spectacle et une volière pour des vautours de reproduction. Nous avons séparé en deux cette partie de l’ancien enclos des loups pour créer ces deux nouvelles volières. » Cette transformation permet notamment aux visiteurs du parc d’observer les différentes espèces de vautours présentées en vol libre durant la représentation quotidienne. « Les visiteurs maintenant voient les vautours toute l’année, y compris hors spectacle. Et ils aiment bien car avant, ce sont des oiseaux qu’ils ne pouvaient voir que durant le spectacle, une demi-heure par jour. » Ces deux volières, exposées plein sud, accueillent plusieurs espèces qui cohabitent dans le même espace. « Dans la volière de spectacle, il y a des vautours fauves, donc une grosse espèce, avec des espèces plus petites, des urubus à tête rouge et des urubus noirs. Et ils cohabitent très bien tous ensemble. » Lors des représentations, le fonctionnement a également été repensé afin de faciliter les sorties et les retours des oiseaux. « On ouvre tout simplement les portes et tout le monde sort en même temps. Nous avons créé des systèmes de rentrées inspirées des installations de la volerie du Puy du Fou, en partant de ce qui fonctionnait ou pas. Et nos fauconniers sont très contents du résultat. » La seconde volière répond à un autre objectif, celui de la reproduction et de la conservation de rapaces gravement menacés de disparition. Le Zoo de La Boissière du Doré a ainsi obtenu l’autorisation d’accueillir et reproduire deux espèces de vautours considérées comme « En danger critique d’extinction » (CR) dans leur milieu naturel par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) : le vautour de Rüppell (Gyps rueppelli) et le vautour africain (Gyps africanus), ou vautour à dos blanc. « Nous avons installé une palissade entre la volière des vautours de spectacle et celle des vautours de reproduction afin qu’ils ne se voient pas et pour favoriser la reproduction. Pour l’instant, nous avons un couple de vautours à dos blanc qui est en train de se former et qui s’entend très bien. Et une fois que ce couple sera bien formé, nous recevrons deux couples de vautours de Rüppell, ce qui nous fera normalement trois couples reproducteurs à terme dans la volière. » Ces deux espèces bénéficient chacune d’un Programme Européen d’Élevage (EEP) mené à travers les parcs zoologiques européens membres de l’EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums). Le Zoo de Rotterdam aux Pays-Bas coordonne le programme du vautour de Rüppell, comptant environ 180 individus en captivité en Europe, et le Hawk Conservancy Trust au Royaume-Uni est chargé du vautour africain et compte environ 130 individus. La transformation de l’ancien espace des loups avait déjà débuté l’an dernier avec la création d’une nouvelle volière pour un couple de harfang des neiges et va s’achever prochainement avec une quatrième nouvelle volière. « L’hiver prochain, à côté des harfangs des neiges, nous allons faire une volière de retraite pour nos chouettes effraies de spectacle, qui sont un peu trop vieilles maintenant. Nous allons essayer de créer une volière qui imite une grange, qui se fait déjà ailleurs mais qui sera intéressante pour nos oiseaux. » L’ancien espace des loups devient ainsi progressivement un espace consacré aux rapaces, avec des aménagements adaptés aux besoins des différentes espèces présentées. « Nous avons conservé la grotte dans laquelle les visiteurs entraient pour observer les loups, et cela nous donnera vraiment un côté gauche pour les vautours, des rapaces diurnes, et un côté droit pour les rapaces nocturnes avec les harfangs des neiges et les chouettes effraies. »



Otocyons et porcs-épics réunis dans un nouvel enclos et suricates déménagés
Au début de l’été, les otocyons et les porcs-épics à crête du Zoo de La Boissière du Doré ont découvert un tout nouvel espace, fruit du regroupement de trois anciens enclos : celui des otocyons, celui des porcs-épics et celui autrefois occupé par la panthère nébuleuse, décédée en octobre 2023. « C’était un peu la dernière verrue du parc, admet le directeur du parc. On vient de finir leur enclos, on les a sortis il y a quelques semaines. » Le changement est particulièrement important pour les otocyons, qui disposaient auparavant d’un espace d’à peine 40 m². Ce nouvel enclos, qu’ils partagent avec les porcs-épics à crête, atteint désormais 500 m² et permet aux deux espèces de vivre ensemble. Cette cohabitation repose notamment sur les caractéristiques des deux espèces, toutes deux originaires d’Afrique australe et capables de creuser des terriers. « Ce sont deux espèces qui sont amenées à potentiellement se côtoyer dans la nature et qui creusent toutes les deux des terriers. Et là elles s’ignorent complètement. On n’était pas inquiet car on savait que personne n’allait s’attaquer et c’est une cohabitation qui existe déjà ailleurs. » Le nouvel espace est également conçu pour permettre aux animaux de disposer de refuges adaptés, y compris pendant les périodes où ils ne peuvent pas profiter de l’extérieur. Une nouvelle maison a été construite avec une partie dédiée aux porc-épics et une autre aux otocyons, et des installations visibles depuis le chemin de visite. « Nous avons fait des niches dans chaque box avec des lampes chauffantes. Les visiteurs peuvent les voir à travers les vitres de la maison, ce qui veut dire que même l’hiver ils seront visibles. » Chez le couple d’otocyons du Zoo de La Boissière du Doré, le mâle était le plus vieux d’Europe et n’aura finalement pas eu l’occasion de profiter durablement de son nouvel environnement. « Nous espérions qu’il puisse découvrir ce nouvel enclos, on avait peur qu’il ne le voit pas et c’est ce qui est malheureusement arrivé, regrette Sébastien Laurent. Il est mort juste avant le déménagement, un peu comme pour nos ours bruns. Lorsque nous les avions transférés dans leur nouvel espace, notre vieux mâle est mort quelques jours après. » La femelle, beaucoup plus jeune, doit désormais être rejointe par un nouveau mâle dans le cadre de l’EEP des otocyons. « Pour nos porcs-épics à crête, il faut que nous commencions à préparer l’avenir parce que nos deux femelles ont déjà 27 ans. » L’ancien enclos des suricates n’a pour sa part pas été reconverti. Après leur déplacement vers un nouvel espace cet hiver, le parc a choisi de ne pas réutiliser cet espace. « Qu’est-ce qu’on a fait de l’ancien enclos des suricates ? Rasé ! On laisse la végétation reprendre ses droits et on n’a pas envie de mettre autre chose. » Depuis le printemps, le groupe de suricates bénéficie d’un enclos flambant neuf situé à l’entrée du sentier des carnivores, entre les Africa Lodges et le Royaume des Lions. « L’avantage de ce nouvel enclos, c’est qu’il est déjà plus accessible pour nous, et nous n’avons plus besoin de les rentrer, ils ont accès libre jour et nuit. Il est fait en palplanches en acier avec des fondations à 1,20m de profondeur. »





Deux nouvelles espèces avec les cacatoès de Leadbeater et les gazelles de Mhorr
La création de ces deux nouveaux espaces s’accompagne également de l’arrivée de nouvelles espèces au sein du parc. Dans la volière australienne, les cacatoès rosalbins (Eolophus roseicapilla) ont ainsi laissé leur place aux cacatoès de Leadbeater (Cacatua leadbeateri), une espèce plus rare et présente dans une poignée de zoos en France actuellement. « C’est un oiseau magnifique, indique le directeur du Zoo de La Boissière du Doré. Nous avons installé cette espèce-là dans la volière australienne, puisqu’elle est originaire d’Australie, avec les grands éclectus, les émeus d’Australie et les wallabies de rochers. Pour le moment, nous n’avons qu’un seul individu mais nous espérons en trouver rapidement un deuxième pour constituer un couple et tenter leur reproduction. » Une autre nouvelle espèce est également arrivée dans l’une des plaines africaines : la gazelle de Mhorr (Nanger dama mhorr), une sous-espèce de la gazelle dama classée « En danger critique d’extinction » (CR) par l’UICN. Deux jeunes mâles ont rejoint le parc pour être installés dans la grande plaine de la Matumi Reserve, aux côtés notamment des girafes et d’autres espèces africaines. Caspian, âgé de 4 ans, provient du Zoo de Montpellier, tandis que Kuat, qui vient de fêter son premier anniversaire, est arrivé du ZooParc de Beauval. Leur installation dans la plaine doit cependant se faire progressivement, le temps que les deux animaux s’habituent à leur nouvel environnement. Les oryx algazelles ont rejoint l’autre grande plaine, celle des rhinocéros blancs, libérant de la place dans la Matumi Réserve pour accueillir ces nouveaux pensionnaires. Pour le Zoo de La Boissière du Doré, ces changements permettent de faire évoluer les espaces existants, en présentant de nouvelles espèces au public et en donnant une place à des espèces intégrées à des programmes de conservation.




