© Les Terres de Nataé
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Derniers préparatifs avant l’ouverture des Terres de Nataé

Un an après la reprise du site, les équipes des Terres de Nataé travaillent sur les derniers préparatifs avant la réouverture du parc au public.

Pour en parler en détails, nous nous sommes entretenus avec Sébastien Musset, directeur des Terres de Nataé.

Inauguration des Terres de Nataé pour la mi-juin

Repris en mai 2021, l’ancien Zoo de Pont-Scorff a vécu des derniers mois très animés. L’annonce du changement de nom en septembre dernier, a donné le coup d’envoi d’une longue phase de travaux pour remettre le parc animalier aux normes et surtout améliorer les conditions de vie des pensionnaires encore présents. Et après plus de 30 mois de fermeture au public, le site s’apprête à rouvrir ses portes au public dans les toutes prochaines semaines. « Si tout va bien, nous devrions tenir les délais, annonce Sébastien Musset. Nous avons commencé les travaux il y a neuf mois et en neuf mois, nous avons fait beaucoup, beaucoup de choses donc il faut que je m’assure que tout cela atterrisse au bon endroit. » Et même si la date précise n’est pas encore officiellement annoncée, le nouveau directeur en a déjà une petite idée. « Jusqu’à présent, nous avions annoncé une ouverture au mois de juin, mais j’ai une date en tête depuis le mois de janvier et elle tourne autour de la mi-juin. »

Un maximum de 500 visiteurs par jour pour débuter

Pour les premières semaines d’ouverture, il faudra réserver sa place pour être certain d’arpenter les allées des Terres de Nataé. « À la réouverture, il y aura une jauge maximum de visiteurs qui sera assez faible, poursuit Sébastien Musset. Nous parlons pour les premiers jours d’un maximum de 500 visiteurs par jour. C’est un site qui en faisait 2500 ou 3000 par jour à une époque. Mais l’idée c’est de redémarrer en douceur, pour les animaux d’abord parce que je pense que la fermeture du jour au lendemain, qui a eu lieu il y a quelques années, les a perturbé. Pour les équipes aussi parce que ce n’est pas facile de passer d’un mode travaux et chantier partout à de la pédagogie, des animations et la présence d’étrangers sur le site. » Cette jauge variera certainement au fil du temps, mais l’objectif sera de ne pas surcharger les allées du parc pour ne pas se retrouver débordés par un nombre de visiteurs inadapté. Les futurs visiteurs du parc seront donc encouragés à réserver leurs billets d’entrée en amont. « C’est un pli à prendre, il y aura des mécontents mais cela fait aussi partie de notre ADN et nous l’assumons. C’est un sujet de bien-être animal derrière, de bien-être des équipes aussi. Alors il y aura quand même une quote-part de places qui seront vendues en direct en caisse, mais l’objectif c’est de pouvoir gérer le nombre de visiteurs, parce que si nous ne faisons pas cela, le nombre de visiteurs explose et ce n’est pas ce que je souhaite. Il faudra privilégier autant que possible les ventes sur le site web pour être sûr d’avoir des places à l’entrée parce que si la jauge est atteinte, les portes du parc seront fermées aux visiteurs qui se présenteront sans avoir réservés leurs billets en ligne. »

Et pour la première année d’ouverture des Terres de Nataé, Sébastien Musset vise environ 120 000 visiteurs. « Nous avons des ambitions raisonnables, nous missionnons 120 000 visiteurs, c’est la moyenne des visiteurs du Zoo de Pont-Scorff sur les années 2016, 2017, 2018, ni plus ni moins. Si nous atteignons ce chiffre, cela nous permettra d’avoir un site viable et de s’inscrire dans une logique de travaux réguliers pour le développement du site. »

Deux types de billets mis en vente

Côté tarifs, ils seront légèrement plus élevés que ceux pratiqués avant la fermeture du Zoo de Pont-Scorff et le parc proposera deux types de visites différentes. « Tout est calé, tout est défini ! Il y aura deux types de visites, précise Sébastien Musset. Il y aura la visite dite « sèche » au prix de 23,90 € pour un adulte et 18 € pour un enfant. Et puis il y aura un pack VIP que nous appellerons le « Pack Nataé », dans lequel il y aura à la fois la visite du parc mais aussi un certain nombre de compléments. » Ces compléments se présentent sous forme d’animations supplémentaires mais aussi d’un avantage en boutique. « Il y aura une représentation de théâtre, dont le scripte sera basé sur la préservation des espèces, il y aura une application mobile où il faudra trouver des animaux, des totems animaliers qui seront cachés dans le parc, il y aura aussi un jeu de quiz, toujours autour de la conservation des espèces et puis il y aura une réduction en boutique. Ce sera un pack qui sera 6 € plus cher mais qui permettra d’accéder à toutes ces animations complémentaires. » Le « Pack Nataé » et les animations qui lui correspondent devraient être mis en place dès l’ouverture du parc au public. Les billets d’entrée du parc seront disponibles à l’achat sur le site internet des Terres de Nataé qui devrait être mis en ligne le 30 mai 2022.

Plus de neuf mois de travaux aux quatre coins du parc

En septembre 2021 débutaient les travaux qui allaient donner vie au projet de restructuration de l’ancien Zoo de Pont-Scorff. Après plus de 9 mois de travaux et même si tout n’est pas terminé, Sébastien Musset énumère un certain nombre de chantiers clés réalisés sur ces derniers mois. « Dans les travaux que nous avons réalisé il y a eu des travaux sur l’assainissement du site, nous avons notamment creusé 2 km de canalisations puisqu’il y avait beaucoup d’eaux usées qui partaient dans l’espace naturel. Nous avons fait 15 000 m² de peinture, 12 000 m² de chemins et de routes, nous avons construit un nouveau bâtiment pour l’accueil, pour la boutique, pour le restaurant. Nous avons aussi refait complètement l’éléphanterie, bâtit une grande volière, et nous sommes en train de faire ce qui sera, je pense, le plus gros enclos pour panthères nébuleuses en Europe. » Près d’une trentaine d’enclos ont été modernisés voire agrandis pour répondre aux besoins des différents pensionnaires du parc. En mars dernier, le parc a également dévoilé sa nouvelle identité, celle qui figurera sur tous les supports de communication mais également sur les panneaux pédagogiques créés pour illustrer les différents espaces à découvrir. Mais à quelques semaines de l’ouverture, tout n’est pas encore terminé. « Aujourd’hui il reste beaucoup de ce que l’on appelle du second œuvre, c’est-à-dire des enduis ou des petits travaux dans les bâtiments et dans les enclos aussi, poursuit le directeur du parc. Et puis il reste aussi à gérer l’arrivée des animaux parce que nous avions pris le parti de n’avoir aucun animal qui arrive avant que le gros œuvre ne soit terminé, donc avant que les pelles et les gros engins de chantier ne soient partis, parce que tout cela perturbe et fait du bruit. »

La construction d’une nouvelle volière

Parmi les plus gros chantiers, les équipes du parc animalier ont travaillé sur la construction d’une nouvelle volière sud-américaine qui se veut à l’image des missions des Terres de Nataé. « L’objectif est de se centrer sur des espèces encore en danger, comme le ara de Lafresnaye et le ara hyacinthe. Dans cet espace il y aura aussi quelques autres couples de aras et des amazones qui ont des statuts moins critiques au niveau de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Et puis ensuite nous complèterons en mixité pour faire un espace dans lequel il y aura un peu de stimulation. Nous avons essayé d’avoir des pudus mais nous n’avons pas réussi, il y aura en revanche des maras, des tatous et peut-être des vigognes aussi. » Avec ses plus de 1000 m² de surface au sol et ses 6 à 10 mètres de hauteur, cette nouvelle volière est considérée comme l’ouvrage le plus important du parc mais aussi l’un des plus compliqués techniquement. « La grande volière se situe juste après l’enclos de l’ours à lunettes. Nous avons fait un truc absolument énorme, qui se trouve sur les pentes le long de la rivière. Cela donne un espace très sympa et c’est un sujet qui m’a empêché de dormir de nombreuses nuits parce qu’il y avait beaucoup de difficultés dans les travaux. Nous nous sommes collés un chantier très compliqué, dans des abords pas très accessibles, mais nous sommes en train d’y arriver donc c’est beaucoup de fierté, les équipes et les partenaires ont super bien travaillé. » L’espace se veut également immersif et si un chemin le contournera, un autre permettra aux visiteurs d’y pénétrer. « Les visiteurs pourront rentrer dans la volière, nous avons prévu un chemin d’immersion mais ils auront aussi la possibilité de passer à côté, notamment pour ceux qui sont phobiques, ajoute Sébastien Musset. Et puis en cas de grippe aviaire, nous pouvons proposer un enclos qui soit visible même si les visiteurs ne peuvent pas rentrer dedans. »

Départs, restructurations et mixités pour les anciens pensionnaires

Nombre des pensionnaires restants de l’ancien Zoo de Pont-Scorff avaient besoin de voir leurs espaces modifiés pour répondre davantage à leurs besoins naturels et améliorer considérablement leur bien-être au quotidien. Alors, dans le même temps que les plus gros chantiers entrepris, les équipes des Terres de Nataé ont travaillé sur ces paramètres en faisant partir certains des animaux ou en proposant de nouvelles mixités entre plusieurs espèces. « Il y avait beaucoup d’enclos vides, reconnaît Sébastien Musset. Il y a eu pendant très longtemps une gestion un peu hasardeuse de la partie animalière à Pont-Scorff qui a conclu à ce qu’il y ai beaucoup d’animaux consanguins qui soient arrivés, beaucoup de vieux animaux, que certains parcs zoologiques ne voulaient plus. Il y a des gens du monde zoologique qui à l’époque m’ont dit que je récupérai la poubelle des zoos. Nous allons essayer de redonner un peu de noblesse et de restructuration à tout cela. » Dans le secteur des herbivores africains, plusieurs petits enclos ont été réunis pour permettre la mise en place de mixité entre les différentes espèces et les nouvelles qui arriveront. « À ce stade, nous avons juste gardé séparées les girafes du reste, ce qui pour moi n’était pas une bonne nouvelle puisque je trouve que leur espace est vraiment trop petit. Elles sont en mixité avec deux nyalas, un mâle et son fils, mais ils entrent en conflit assez fort avec les autres animaux. Donc pour le moment, tant que les nyalas sont là, nous ne pouvons pas ouvrir le reste de la plaine aux girafes mais cela fait partie des projets. Sachant qu’à terme toute cette partie là va migrer sur de nouveaux espaces, de nouveaux terrains. »

De nombreux oiseaux, notamment ceux présentés dans l’ancien spectacle des oiseaux marins, sont partis vers d’autres structures zoologiques. Pour les anciens participants au spectacle de perroquets, une nouvelle vie s’écrit dans la grande volière. « Nous avons travaillé avec la vétérinaire pour déterminer quels perroquets étaient les moins imprégner pour intégrer la grande volière, et lesquels ne le pouvaient pas sans risque d’aller sur les visiteurs. Ces derniers resteront dans les volières, que nous n’avons d’ailleurs pas refaites pour le moment mais qui auront vocation à s’agrandir. Ce sont des volières non pas de spectacle mais des volières disons classiques, à psittacidés, qui font à peine 10 m² et qui sont par essence trop petites. » Le parc héberge également un hippopotame amphibie dont l’avenir pourrait s’écrire ailleurs, dans un lieu nettement plus adapté à son mode de vie. « Nous n’avons pas l’espace nécessaire pour lui mais tant qu’il est là, nous nous en occupons aussi bien que possible, assure Sébastien Musset. Nous avons réaménagé sa loge intérieure pour l’hiver, il avait des problèmes de peau les années passées donc nous faisons tout ce qu’il faut pour son bien-être mais l’espace reste trop petit. Nous avons eu une proposition pour le transférer avec l’aide de la fondation Bardot, avec qui nous travaillons bien, dans une réserve en Afrique, et puis cela ne s’est pas fait dans les délais. Ce sera peut-être pour l’année prochaine. »

Enfin, le reptilarium a pour sa part subi quelques travaux de rafraichissement. « Le reptilarium a été refait à l’intérieur, sur pas mal de points importants. J’avais plutôt en tête de le démolir au départ mais il faut faire des choix, et nous nous sommes aperçus qu’en mettant un billet d’investissement raisonnable, cela permettait de garder un lieu qui présente des espèces souvent décriées ou qui font peur aux gens, moi le premier. Je déteste les serpents, j’ai été mordu par une vipère quand j’étais petit mais ici nous avons une soigneuse capacitaire qui est incroyable, une femme que je respecte infiniment et qui m’a appris à me désensibiliser de ces espèces. Mais cela reste un reptilarium des années 1990 et à terme, je pense que nous ferons quelque chose de beaucoup plus grand, de beaucoup plus spacieux. »

La présence d’une tigresse blanche

Vestige de l’ancien Zoo de Pont-Scorff, deux lions blancs et une tigresse blanche sont toujours présents au parc. « Il y a un couple de lions blancs, enfin un couple qui n’en est pas un puisque ce sont un frère et une sœur, et il reste la femelle tigre blanc, le mâle est décédé très récemment. Il avait 9 ans, l’espérance de vie, comme nous le savons, de ces animaux consanguins et re-consanguins est assez faible. Il a eu un certain nombre de tumeurs et nous l’avons accompagné sur ses derniers jours. » Le tigre blanc n’est pas une espèce ou une sous-espèce de tigre à part entière, il s’agit d’une mutation génétique appelée leucisme qui lui donne cette couleur si particulière. Cette rareté génétique, attrayante pour le public, a longtemps favorisé l’élevage du tigre blanc en captivité, poussant certains établissements à pratiquer leur reproduction entre individus, parfois de même famille, afin de conserver cette anomalie. Seulement, cette pratique pose aujourd’hui de sérieux problèmes d’éthique et de consanguinité.

Au delà de ne présenter aucun intérêt conservatoire et pédagogique, la présence de tigres blancs en parc zoologique provoque également un manque de place pour des sous-espèces réellement menacées d’extinction. « Les tigres blancs ne font pas tout à fait partie de notre raison d’être, admet Sébastien Musset. Nous voulons être des hébergeurs d’espèces menacées et participer à des réintroductions. Nous avons essayé de voir s’il y avait d’autres parcs zoologiques qui pouvaient être intéressés ou même des privés. Nous avons eu trois manifestations d’intérêt dont deux pistes sérieuses, mais pour être honnête, quand nous avons vu les installations qui leur étaient proposées, avec la vétérinaire nous avons refusé de les placer et avons agrandi leur espace. Aujourd’hui, l’espace où vit la tigresse a été doublé. » Et avec le déplacement de certaines espèces dans les années à venir, cet enclos pourrait être davantage agrandit pour y accueillir une sous-espèce menacée de tigre. « Je voudrais que nous fassions un enclos assez sympa, qui fasse tout le tour de la fauverie et qui nous permette de nous lancer plutôt dans la conservation de tigre de Sumatra par exemple. Il vaut mieux se mettre à fond sur une seule espèce et servir à quelque chose. À cet endroit nous aurons les installations nécessaires, avec cinq ou six loges qui nous permettrons d’isoler et de faire de la reproduction. »

L’arrivée de nouvelles espèces

Le plus gros des travaux étant terminé, les équipes du parc se préparent désormais pour l’arrivée de plusieurs nouveaux pensionnaires. « Il reste aujourd’hui pas mal d’animaux à accueillir, nous avons plusieurs vagues d’arrivées prévues dans les prochains jours et nous devons nous laisser du temps pour cela avant l’ouverture au public. » Parmi ces nouveaux pensionnaires, il y a de nouvelles espèces. Certaines d’entre elles, auparavant présentes dans l’ancien zoo, vont également faire leur retour pour la réouverture. « Nous attendons beaucoup de nouvelles espèces, atteste Sébastien Musset. Nous avons des saïmiris qui arrivent, des langurs de François, des cobes de Mrs Gray, des cerfs sika, des castors, des loutres, des espèces qu’il n’y avait pas à Pont-Scorff avant. Nous aurons également des lynx, il y en avait avant mais leur enclos est passé d’à peu près 250 m² à plus de 1000 m². Les éléphants d’Asie sont arrivés récemment aussi, il y a des panthères nébuleuses qui devraient arriver, des ouistitis, des tamarins pinchés, des tamarins de Goeldi, des zèbres… » Il y a quelques jours, les équipes des Terres de Nataé ont également accueilli un groupe de flamants du Chili et plusieurs tortues en provenance du Zoo de l’Orangerie à Strasbourg. Un groupe d’ibis chauves est également arrivé d’un autre parc zoologique français et un tatou à trois bandes est arrivé en avril dernier pour intégrer la nouvelle grande volière.

Le retour des éléphants d’Asie

Depuis quelques jours, deux nouveaux pensionnaires de taille ont rejoint les Terres de Nataé. Sang Rajah et La Min Kyaw, deux mâles éléphants d’Asie, sont arrivés le 11 mai 2022 en provenance du Zoo de Cologne en Allemagne après un voyage de plus de 30 heures. « Aujourd’hui ils sont ensemble, ils ont découvert tout l’enclos en commun avec les deux soigneurs allemands et les deux soigneurs que nous avons recruté. Nous avons procédé par étape, ils sont d’abord restés dans la loge intérieure les premiers jours puis ils ont eu accès au pré-parc en plus des loges. Ensuite, il y en a qui est sortit mais pas l’autre, puis l’inverse et puis là pour la première fois ils étaient ensemble, ils sont allés testé la température de l’eau donc c’était sympa. Ils vont très bien pas de stéréotypie, pas de stress. »

L’espace des éléphants du parc était vide depuis le départ de Gandhi, une femelle âgée, dernière représentante de son espèce de l’ancien Zoo de Pont-Scorff, vers Elephant Haven dans le Limousin. Les équipes des Terres de Nataé se sont longuement posé la question du retour ou non de l’espèce au sein du parc. « Je ne voulais plus accueillir d’éléphant parce que je considérais que les travaux sur l’éléphanterie étaient trop importants et je préférais attendre que la partie africaine aille ailleurs pour faire un vrai bel espace. Quand je suis arrivé à Pont-Scorff, au bout d’une semaine le mâle éléphant, Ant Bwe Le, est mort. Cela m’a mis une énorme claque, vraiment. C’est l’un des moments les plus tristes de ma vie, qui reste dans ma mémoire, et cela ne m’intéressait pas de continuer dans ces espaces là. » Mais avec le temps, le directeur du parc s’est dit prêt à accueillir des éléphants de cirque. « J’avais dit que j’étais éventuellement ouvert à accueillir des éléphants de cirque, qui chercheraient des refuges et je trouvais que la cause pouvait être intéressante par rapport aux espaces qu’ils ont actuellement dans les cirques. Et puis nous avons fait un peu le tour avec l’aide du Docteur Florence Ollivet-Courtois et en fait, il n’y a personne qui était intéressé, nous n’avons eu aucune personne de cirque qui était intéressée pour placer ses éléphants chez nous, en France et même en Europe. »

Avant d’abandonner l’idée d’accueillir des éléphants, Sébastien Musset choisit quand même de téléphoner au coordinateur européen, au Zoo de Rotterdam, en charge du programme d’élevage des éléphants d’Asie en parc zoologique. « Il m’a dit que cela l’intéresserait énormément, notamment pour placer des mâles. Nous sommes tombés d’accord car je trouvais intéressant de faire de la pédagogie autour du fait que le mâle, notamment le plus vieux, avait déjà reproduit et que de l’accueillir ici servirait à la préservation de l’espèce. Il faut des parcs animaliers qui n’accueillent que des mâles, ils ont vocation à repartir dans quelques années vers des groupes de femelles, comme c’est le cas dans le milieu naturel. Nous sommes arrivés à cette solution là que je trouve extrêmement top car ce sont des animaux qui avaient besoin d’être accueillis et qui participent à ce programme de conservation. »

Pour accueillir ces nouveaux pensionnaires dans les meilleures conditions possibles, le parc a entrepris quelques travaux en réaménageant le bâtiment des éléphants et les espaces extérieurs pour un montant avoisinant les 500 000 €. « L’espace est le même, ajoute Sébastien Musset. Par contre, nous avons créé une grande piscine d’à peu près trois mètres de profondeur et nous avons restructuré complètement les enclos extérieurs avec des massifs et de la végétation. Nous avons également installé une immense douche qui est intégrée dans un bassin moins profond, ils ont donc deux points d’eau et un certain nombre de massifs végétalisés. »

Cap sur la conservation, le bien-être animal et la pédagogie

Même si le parc vient de subir une immense phase de travaux, Sébastien Musset prévient : « Tout ne sera pas parfait à l’ouverture, nous partons de tellement loin… J’aurais rêvé de fermer pendant trois ans et de tout refaire de A à Z mais d’abord, même si je me suis battu, je n’avais pas l’argent pour et puis nous avons prévu pour du long terme. Mais nous aurons réussi quand même à refaire à peu près 80% de ce que j’avais en tête pour la première année et on va dire que cela correspond à peu près à 50% du site. » Les Terres de Nataé se donnent donc plusieurs missions dont les principales restent la conservation des espèces menacées, l’amélioration constante du bien-être animal et la pédagogie. Ce dernier point sera renforcé par une équipe d’animateurs mise en place et par les plus de 400 panneaux pédagogiques installés dans le parc. « Nous avons trois valeurs aux Terres de Nataé, la première c’est la transmission, la deuxième c’est la transparence et la troisième c’est le bien-être, bien-être des animaux et bien-être des équipes aussi. Ce sont nos trois valeurs clés. »

Pour parvenir à remplir toutes ses missions, les équipes du parc voient loin. « Nous avons un plan sur au moins 10 ans, cela donne un cap et permet aux équipes d’être ancrées dans leur travail, conclut Sébastien Musset. Je pense qu’il y a des soigneurs qui sont hyper heureux aujourd’hui de voir qu’enfin ça bouge après les nombreuses années où il y a eu des promesses, des choses qui n’ont jamais vraiment été faites, là ils voient que c’est du concret. » Et le grand public pourra se faire une idée du travail accomplit dans les prochaines semaines !

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