© Philippe Rivier

Ouistiti pygmée

Pour bien l’identifier…

  • Pelage fin et dense de couleur fauve brunâtre et mêlé de noir grisâtre, avec des marques ocre par endroit.
  • Pieds et mains jaunâtres.
  • Tête et poitrail couverts de longues touffes de poils formant une crinière.
  • Face nue, blanc rosé.
  • Longue queue non préhensile (plus longue que le corps), annelée de noir.

Fiche d’identité

Généralités

Le ouistiti pygmée est aussi connu sous les noms de ouistiti mignon ou ouistiti nain. Avec un poids moyen de 100 grammes et un corps n’excédant les 15 centimètres de long, il est le plus petit singe du monde et le second plus petit primate, après le microcèbe de Mme Berthe (Microcebus berthae), un minuscule lémurien originaire de Madagascar.

Répartition et habitat

Le ouistiti pygmée se rencontre en Amérique du Sud et plus précisément à l’ouest de la haute Amazonie. On peut le croiser au Brésil, en Colombie, en Équateur, au Pérou et en Bolivie. Il vit dans les arbres à la lisière des forêts tropicales humides, toujours à proximité d’une source d’eau. 

Régime alimentaire

Le ouistiti pygmée est omnivore à tendance gommivore, c’est-à-dire qu’il se nourrit en grande partie de sécrétions résineuses des arbres, en l’occurrence la gomme et la sève. À l’aide de ses incisives développées et acérées, ce petit singe creuse des trous dans l’écorce d’un centimètre de profondeur et jusqu’à deux centimètres de large, afin de stimuler l’écoulement de la gomme ou de la sève. Il complète son alimentation avec des insectes et des fruits et peut même parfois manger des œufs ou des oisillons.

Mode de vie et reproduction

Les ouistitis pygmées sont des primates sociaux qui vivent en groupes familiaux composés d’un couple monogame et de leurs jeunes des quelques portées précédentes. C’est la femelle qui est en haut de la hiérarchie et qui domine tous les membres du groupe, y compris son partenaire (d’ailleurs, elle est légèrement plus grande que le mâle !). Cependant, lorsqu’un groupe comprend plusieurs mâles adultes, celui qui forme un couple avec la femelle dominante peut imposer des limites et interdire à tout autre mâle de s’accoupler avec sa partenaire. C’est en exhibant ses testicules qu’il affirme sa supériorité. Le couple dominant passent beaucoup de temps à se cajoler et à se toiletter mutuellement.

Ces minuscules singes sont essentiellement arboricoles et sont actifs durant la journée. Les membres d’un groupe communiquent entre eux à l’aide d’un répertoire comprenant une quinzaine de vocalisations différentes dont certaines ne sont pas perceptibles par l’oreille humaine.

Chez les ouistitis pygmées, la femelle peut avoir deux portées par an, généralement une au printemps et l’autre en hiver. Dans 70 % des cas, il s’agit d’une naissance gémellaire et le reste du temps il n’y a qu’un seul petit. Des portées de triplés ont déjà été observées mais cela reste très exceptionnel. À la naissance, le bébé ouistiti pygmée pèse en moyenne une quinzaine de grammes et mesure moins de six centimètres. À noter que le poids de la portée correspond à environ 20 % du poids total de la mère. En comparaison, 20 % du poids d’une femme de 60 kilos ferait un bébé de 12 kilos ! 

Les petits sont ensuite très vite transportés sur le dos de leur mère ou de leur père. Les parents se relaient : pendant que l’un s’occupe des petits, l’autre part à la recherche de nourriture. Parfois, les petits peuvent aussi être transportés par leurs frères et sœurs plus âgés et aptes à s’en occuper. Dès l’âge de 4 semaines, les jeunes commencent à jouer entre eux, tenter de capturer des insectes et se livrer à toutes sortes d’acrobaties, voulant imiter leurs congénères. À partir de l’âge de 6 semaines, leur mère commencent à les sevrer mais les juvéniles ne se nourriront seuls qu’à partir de leur cinquième mois. Ils pourront commencer à se reproduire entre un an et un an et demi et atteindront leur taille adulte à l’âge de deux ans.

Menaces et conservation

Pendant longtemps, on pensait que le ouistiti pygmée était une espèce abondante dans la nature. Ce n’est qu’en 2018 que des études génétiques ont conclu que cette espèce était en réalité deux espèces bien distinctes. En effet, le genre Cebuella est désormais composé de deux espèces, très similaires, mais pourtant bien différentes : le ouistiti pygmée (Cebuella pygmaea), donc, et le ouistiti à ventre blanc (Cebuella niveiventris). Cette découverte a pour conséquence de diminuer la population réelle de l’espèce.

Le ouistiti pygmée est aujourd’hui classé « Vulnérable » (VU) sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Dans les années 1970, ce petit primate a été chassé de manière intensive pour alimenter le commerce des animaux de compagnie exotiques, ce qui a entraîné à l’époque son inscription en Annexe I de la CITES, interdisant ainsi son commerce. Aujourd’hui, le trafic a régressé et l’espèce est désormais listée en Annexe II de la CITES, le commerce n’étant plus totalement interdit mais réglementé. La principale menace pesant actuellement sur cette espèce est la déforestation massive de la forêt amazonienne. Par chance, le ouistiti pygmée sait facilement s’adapter aux zones agricoles empiétant sur son territoire et il n’est pas chassé puisqu’il n’y a pratiquement rien à manger sur un si petit animal.

Le saviez-vous ?

Le ouistiti pygmée est la convoitise de nombreux prédateurs et peut paraître bien fragile face à la prédation. Cependant, cette espèce a su faire de ce que l’on pense être un inconvénient, un avantage. Sa petite taille et son pelage aux couleurs cryptiques lui procurant un camouflage parfait le rendent pratiquement indétectable lorsqu’il est à l’arrêt. Il peut se mouvoir très lentement à l’image des paresseux ou des caméléons ou, à l’inverse, se déplacer à la vitesse de l’éclair pour échapper à un danger, à tel point qu’il devient difficile de le suivre des yeux ! 

Le plus souvent, il utilise la technique de la sauterelle lorsqu’il se déplace et peut alors effectuer des bonds de 4 mètres de long ! Il saute verticalement le long des troncs d’arbres ou y grimpe en spirale, à la manière des écureuils. Pour finir, il est aussi capable de pivoter sa tête à 180° afin de jouir d’une meilleure vision.

En parc zoologique

Le plus petit des singes est visible dans un peu plus d’une vingtaine de parcs zoologiques en France. Consultez la liste des zoos français qui hébergent cette espèce.

Le ouistiti pygmée fait l’objet d’un EEP (Programme Européen pour les Espèces menacées), coordonné par le Zoo de Newquay, en Angleterre.

Articles similaires