© Serge Mosnier
Mammifères

Raton laveur

> Généralités

L’un des traits les plus caractéristiques et les plus familiers du raton laveur est son masque de fourrure noire qui recouvre ses yeux, qui lui permettrait de réduire l’éblouissement et d’améliorer sa vision nocturne.

Le corps de l’animal est recouvert d’un pelage poivre et sel avec de légères teintes de roux, dont 90 % est un sous-poil dense qui isole l’animal du froid. Il se termine par une queue touffue annelée de noir et de blanc, dont l’extrémité est toujours noire. Il existe de rares individus albinos.

Lorsqu’il se déplace, le raton laveur trotte le dos courbé, la tête basse et la queue dressée. Cette démarche est due au fait que ses pattes postérieures sont plus longues que ses pattes antérieures. Ainsi, il n’est pas très rapide et ne dépasse pas les 25 km/h.

> Répartition et habitat

Le raton laveur est originaire d’Amérique du Nord où il occupe le sud du Canada et la majeure partie des États-Unis, ainsi que le Mexique. On le rencontre aussi en Amérique centrale et aux Antilles. 

Le raton laveur est réparti en 22 sous-espèces qui fréquentent une large gamme d’habitats, des forêts aux marécages en passant par les plaines inondables, les terres cultivées ou encore les parcs urbains. 

C’est un animal évoluant toujours à proximité de l’eau, que ce soit des rivières, des lacs ou des marais. On peut aussi le retrouver dans les arbres, qu’il grimpe à l’aide de ses griffes acérées.

Le raton laveur a été introduit en Europe dans les années 1930, pour l’exploitation de sa fourrure. Aujourd’hui, il est naturalisé dans plusieurs pays du continent comme l’Allemagne, la Suisse, le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique ou encore la France. Les populations sauvages actuelles que l’on rencontre sur notre territoire proviennent d’animaux échappés des élevages allemands pour la fourrure, de fuyards de parcs zoologiques français et de lâchers de particuliers.

En Europe, le raton laveur est considéré comme une espèce invasive puisqu’il menace la survie de certaines espèces indigènes en colonisant les zones humides.

> Régime alimentaire

Le raton laveur est un omnivore opportuniste se nourrissant pendant la nuit de tout ce qu’il trouve : insectes, grenouilles, poissons, oiseaux, fruits, écrevisses, œufs voire parfois des charognes. Durant l’été et l’automne, il privilégie le maïs, les fruits, les baies, les glands et les noix. 

En milieu urbanisé, il trouve une abondante source de nourriture dans les poubelles qu’il ouvre aisément à l’aide de ses doigts agiles. Parfois, il peut même s’aventurer autour voire dans les habitations pour y dérober de la nourriture. Cependant, manger des déchets humains peut nuire à sa santé.

Contrairement aux idées reçues, le raton laveur ne lave pas ses aliments avant de les manger. Cette croyance populaire vient du fait qu’il se nourrit souvent de petits animaux aquatiques qu’il frotte entre ses mains comme pour les pétrir. Ainsi, des amas de coquilles de palourdes sur la rive d’un cours d’eau ou de tiges rompues dans les champs de maïs sont des indicateurs de la présence du raton laveur.

> Vie sociale et reproduction

Le raton laveur est d’un naturel pacifiste et solitaire, la présence de congénères ne l’ennuyant pas du tout. Il a d’ailleurs été prouvé qu’il se regroupe parfois en groupes sexués.

Chez cette espèce, les accouplements ont lieu une fois par an, entre janvier et mars selon les régions. Le mâle est polygame tandis que la femelle est monogame. En effet, après s’être accouplée avec un mâle, elle repoussera tous les autres.

Après une gestation de 2 mois, la femelle met au monde une portée de 1 à 7 ratonneaux, selon les régions, dans une tanière ou un creux d’arbre. Les petits naissent aveugles et ont le dos et les flancs poilus. Le masque noir sur le visage et les anneaux de la queue apparaissent avant 10 semaines.

Ils sont sevrés au bout de deux mois et demi et commencent à sortir avec leur mère vers l’âge de 5 mois. Ils passent leur premier hiver avec elle avant de prendre leur indépendance au printemps suivant.

> Menaces et conservation

Autrefois, le raton laveur était abondamment chassé pour sa chair et sa fourrure, appréciées des Amérindiens. Plus tard, ce sont les trappeurs qui le capturaient et pratiquaient la traite des fourrures. Aujourd’hui, cette activité tend à disparaître, la fourrure de l’animal ayant perdu en valeur et étant difficile à travailler.

Même si le raton laveur n’est pas considéré comme une espèce en voie de disparition, l’UICN le classant en « Préoccupation mineure » (LC), il est victime de nombreux tirs et collisions routières, qui causent la mort de 2 à 4 millions d’individus chaque année. 

Cet animal est considéré comme une espèce nuisible puisqu’il s’attaque aux vergers, aux œufs, aux champs de maïs ou encore aux ruches. Les agriculteurs, qui le perçoivent alors comme une menace, n’hésitent pas à l’abattre lorsqu’ils le prennent en flagrant délit dans leurs cultures.

> En parc zoologique

Il est possible d’observer le raton laveur dans une vingtaine de zoos en France. Découvrez la liste des parcs zoologiques qui hébergent des ratons laveurs.

L’espèce ne fait l’objet ni d’un Programme Européen pour les Espèces menacées (EEP), ni d’un Stud-Book Européen (ESB).

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