Oiseaux

Grue royale

> Généralités

La grue royale, ou grue couronnée grise, est un grand échassier au corps élancé dont la tête est surmontée d’une couronne de plumes dorées et hirsutes. 

Elle se distingue de sa proche cousine la grue couronnée noire (Balearica pavonina) par un cou gris clair, des joues blanches et un grand sac gulaire rouge vif.

> Répartition et habitat

La grue royale est présente dans une quinzaine de pays à travers l’est et le sud de l’Afrique, où elle est répartie en 2 sous-espèces :

  • La grue royale d’Afrique de l’Est (Balearica regulorum gibbericeps) ;
  • La grue royale d’Afrique du Sud (Balearica regulorum regulorum).

Cette grue fréquente des espaces ouverts tels que les savanes sèches ainsi que des milieux humides comme les savanes inondables et les marécages.

Avec la grue couronnée noire, la grue royale est la seule espèce de grue ayant la particularité de se percher dans les arbres pour y dormir ou y nicher.

> Régime alimentaire

La grue royale est un oiseau omnivore chassant des petits animaux comme des insectes, des serpents, des grenouilles, des poissons, des vers ainsi que divers animaux aquatiques.

Il lui arrive parfois de frapper le sol avec ses grandes pattes afin de faire sortir les petites proies des hautes herbes. Elle se mêle également aux troupeaux de grands herbivores qui, par leur agitation, délogent les insectes des herbes et lui facilitent ainsi leur capture.

Elle consomme aussi diverses herbes et plantes, principalement des herbacées, des graines et des céréales.

> Vie sociale et reproduction

La grue royale est un oiseau sociable, qui vit généralement en couple monogame au sein d’une petite colonie d’une vingtaine d’individus. La nuit, plusieurs colonies peuvent se rassembler dans des dortoirs communs où l’on peut alors dénombrer jusqu’à 200 oiseaux.

La saison de reproduction varie en fonction de la sous-espèce. Elle a lieu à la saison des pluies pour la grue royale sud-africaine, alors que la grue royale d’Afrique de l’Est peut se reproduire tout au long de l’année, avec un pic observé à la saison sèche.

La parade nuptiale de la grue royale est l’une des plus spectaculaires parmi les oiseaux. Lors de celle-ci, les deux partenaires se font face en déployant leurs ailes et en réalisant des sauts d’un mètre de hauteur, tout en poussant de puissants cris, tête penchée.

Après l’accouplement, le mâle et la femelle construisent ensemble un nid, généralement sur l’eau ou à proximité immédiate de celle-ci, comme chez les autres espèces de grues. Ce nid consiste en une plateforme circulaire composée de végétaux et émergeant d’au moins un mètre au dessus de l’eau.

La femelle y pond ensuite entre 1 et 4 œufs, soit la plus grande ponte parmi toutes les espèces de grues. Les deux parents s’alternent pour la couvaison des œufs qui dure environ un mois. Les jeunes sont précoces puisqu’ils sont capables de courir dès leur naissance et prennent leur premier envol entre 2 et 3 mois.

> Menaces et conservation

Malheureusement, la population de grues royales a beaucoup diminué ces dernières années et la tendance est encore actuellement à la baisse. 

Ce somptueux oiseau est menacé par la perte et la dégradation de son habitat naturel causées par l’expansion agricole et urbaine. Le drainage des zones humides et l’utilisation de pesticides rendent difficile son alimentation et sa nidification. Les grues peuvent aussi être victimes d’électrocution en rentrant en collision avec des lignes haute-tension.

Sa proximité de plus en plus croissante avec l’Homme la rend également plus vulnérable à la chasse, pour sa viande et ses œufs, ainsi qu’au piégeage destiné à alimenter le commerce des oiseaux d’ornement. 

La grue royale est, à ce titre, classée « En danger d’extinction » (EN) sur la liste rouge de l’UICN.

> En parc zoologique

La grue royale est assez répandue dans les zoos français, où il est possible de l’observer dans plus d’une vingtaine d’entre eux. Découvrez la liste des parcs zoologiques qui hébergent des grues royales.

L’espèce ne fait l’objet ni d’un Programme Européen pour les Espèces menacées (EEP), ni d’un Stud-Book Européen (ESB).

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