© Bioandina
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Le Zoo de Beauval va réintroduire une jeune condor dans la Nature

C’est une grande nouvelle qu’a annoncé le ZooParc de Beauval il y a quelques jours : une jeune femelle condor des Andes née au parc va être réintroduite prochainement en Patagonie.

Direction l’Argentine pour un relâcher dans la Nature

Pachamama est née le 1er août 2020 à Beauval. Elle a été élevée par ses parents et c’est ce qui rend sa réintroduction possible. En effet, pour éviter tout phénomène d’imprégnation par l’Homme, il est important que le jeune soit élever naturellement, comme c’est le cas à l’état sauvage. Il s’agit d’une naissance très importante pour cette espèce, non seulement car elle est menacée, mais aussi du fait de la complexité de sa reproduction en captivité. Pachamama (qui signifie « Terre-Mère » en Quechua), est d’ailleurs le premier petit condor des Andes à voir le jour à Beauval.

La jeune femelle de presque 9 mois est partie de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle le 21 avril dernier pour un vol en direction de Buenos Aires en Argentine. Dans un premier temps, la femelle a été envoyée vers l’Ecoparque de Buenos Aires pour une quarantaine obligatoire. Une fois cette première étape terminée, Pachamama sera transférée à Paileman en Patagonie. Elle devrait y rester plusieurs jours dans une volière en compagnie d’autres condors, jusqu’au jour du relâcher dans la Nature. Un relâcher prévu en septembre 2021. « Il se fait dans le cadre d’un programme de réintroduction des plus incroyables, que ce soit en termes de résultats déjà prouvés et d’intégration des populations locales et de leurs traditions dans un programme de conservation » précise Eric Bairrao Ruivo, directeur Science et Conservation pour l’association Beauval Nature.

Un programme de réintroduction efficace

Depuis plusieurs années maintenant, l’association Beauval Nature soutient la fondation BioAndina en Argentine qui œuvre pour la reproduction, la réintroduction et la collecte de données sur les populations de condors des Andes. La fondation est également soutenue par l’AFdPZ (Association Française des Parcs Zoologiques) ainsi que d’autres zoos français dont le Bioparc de Doué-la-Fontaine.

Grâce à cet ambitieux projet, de très nombreux condors ont été réintroduits en Patagonie mais aussi dans différentes provinces à travers l’Argentine et pour confirmer son succès, plusieurs naissances ont déjà été enregistrées. En outre, le suivi de plusieurs de ces oiseaux à travers la cordillère des Andes a permis de collecter des données concernant la biologie des oiseaux, leurs déplacements et leurs préférences d’habitat permettant d’améliorer les connaissances sur cette espèce. La fondation a créé un centre de secours et de réhabilitation d’individus sauvages, le plus souvent retrouvés blessés dans la nature. Ces derniers sont accueillis au centre de soins, ils sont soignés et placés dans des volières pour réapprendre à voler avant d’être relâchés. Des campagnes d’éducation dans les écoles rurales et les grandes villes sont également mises en place afin de sensibiliser les populations locales à la protection de cette espèce emblématique.

Une espèce en sursis dans son milieu naturel

Avec une envergure de 3 mètres et un poids allant de 9 à 15 kilos, il s’agit de l’un des plus grands oiseaux du monde. Le condor des Andes est malheureusement menacé d’extinction dans son milieu naturel où il est classé comme « Vulnérable » (VU) sur la liste rouge de l’UICN. En cause, la chasse mais aussi l’empoisonnement par les plombs des fusils dans les carcasses de certains mammifères dont il se nourrit. Il est également victime des constructions humaines et entre en collision avec des structures artificielles telles que les lignes électriques.

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