Le Bioparc de Doué-la-Fontaine a accueilli, en juin dernier, un nouveau pensionnaire. Likasi, un jeune mâle okapi a rejoint le Sanctuaire des okapis, une arrivée qui marque une nouvelle étape pour le Bioparc avec cette espèce menacée et emblématique.
Né le 26 octobre 2022 au Zoo du Bassin d’Arcachon, le jeune mâle découvre, depuis le 23 juin, le nouvel environnement qu’il va partager avec Obasi, le mâle de 15 ans déjà présent au Bioparc. Ce transfert a été recommandé par le coordinateur du Programme Européen d’Élevage (EEP) de l’espèce, basé au Zoo d’Anvers en Belgique, afin de préparer l’avenir de la population d’okapis en parc zoologique. Plus jeune que son congénère, Likasi permettra à terme d’envisager l’arrivée d’une femelle dont l’âge et le patrimoine génétique seront compatibles avec les siens dans le but d’obtenir de futures nouvelles reproductions.
L’arrivée de Likasi intervient un an après la disparition de Beni, la femelle adulte du Bioparc. Atteinte d’une maladie dégénérative, elle est décédée en juin 2025 après plus de deux ans et demi de soins vétérinaires et d’un suivi quotidien assuré par les équipes animalières. Arrivée de Lisbonne en 2018, Beni avait donné naissance à Sabu en 2023, le tout premier bébé okapi né au Bioparc. Après avoir été élevé avec succès par sa mère jusqu’au sevrage, le jeune mâle avait quitté Doué-la-Fontaine en juin 2024 pour rejoindre le Tierpark Berlin en Allemagne, également sur recommandation du coordinateur européen des okapis.
Depuis l’ouverture du Sanctuaire des okapis en 2013, le Bioparc de Doué-la-Fontaine fait partie des rares établissements français à présenter cette espèce emblématique (cinq parcs zoologiques français en 2026). Aménagé sur 4000 m² dans une ancienne carrière et recouvert d’un immense filet culminant à une vingtaine de mètres de hauteur, cet espace reproduit l’ambiance des forêts tropicales africaines. Les visiteurs peuvent également y découvrir une vingtaine d’espèces, parmi lesquelles les cercopithèques de Hamlyn, les dik-diks de Kirk, les rolliers à ventre bleu ou encore plusieurs espèces d’ibis.
L’okapi demeure l’un des mammifères les plus rares et les plus mystérieux au monde. Endémique des forêts tropicales de la République démocratique du Congo, il est le plus proche parent vivant de la girafe, bien que sa silhouette rappelle davantage celle d’un cheval. Ses célèbres rayures blanches sur l’arrière-train lui offrent un camouflage efficace dans la végétation dense. Classée « En danger d’extinction » (EN) sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), l’espèce est aujourd’hui confrontée à la destruction progressive de son habitat naturel sous l’effet de la déforestation, de l’exploitation minière et du braconnage. L’EEP compte moins de 90 individus actuellement répartis dans une trentaine de parcs zoologiques européens.
Au-delà de son implication dans ce programme de reproduction, le Bioparc de Doué-la-Fontaine soutient également la conservation de l’espèce dans son milieu naturel en reversant chaque année 5000 euros à l’Okapi Conservation Project, une organisation qui gère une vaste réserve en République démocratique du Congo et où plus de 110 gardes assurent la protection des okapis.




