Oiseaux

Harpie féroce

> Généralités

Avec son mètre de long, une envergure pouvant dépasser les 2 mètres et un poids avoisinant parfois les 10 kilos, la harpie féroce est l’un des aigles les plus imposants et les plus puissants de la planète, aux côtés du pygargue de Steller d’Asie. 

Ce grand aigle se reconnaît à son plumage gris cendré sur le dessus du corps et blanc sur le dessous, son corps massif, ses longues serres jaunes ainsi que sa tête surmontée d’une huppe de plumes érectile noirâtre.

> Répartition et habitat

La harpie féroce se rencontre dans les forêts tropicales humides de près d’une vingtaine de pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, du Mexique à l’Argentine en passant par le Costa Rica, le Nicaragua, le Panama, le Guatemala, le Honduras, la Guyane, la Guyane française, le Pérou, la Colombie, l’Équateur, le Venezuela, le Suriname, le Brésil, le Paraguay et la Bolivie.

Cet aigle vit dans les couches supérieures de la canopée, où il se perche sur les branches des arbres émergeants pour repérer ses proies.

> Régime alimentaire

Prédateur solitaire, la harpie féroce s’aide de son excellente vue et de son ouïe développée pour localiser ses proies dans la végétation dense de la canopée, où elle n’a aucun mal à circuler malgré sa corpulence.

À cette hauteur, elle chasse des animaux arboricoles tels que les paresseux et de nombreuses espèces de primates (singes hurleurs, saïmiris, capucins…) qui représentent la principale source de nourriture de ce super prédateur. Grâce à ses puissantes pattes munies de grosses serres acérées, la plus longue pouvant atteindre 6 centimètres, la harpie est capable d’arracher une proie de 4 kilos de sa branche et de la transporter jusqu’à son nid. 

Mais les espèces terrestres ne sont pas épargnées car la harpie peut très bien chasser des fourmiliers, des tatous, des coatis, des kinkajous, des agoutis, des petits cerfs et même des porcs épics. Enfin, elle se nourrit aussi de reptiles (lézards et serpents) ainsi que de divers oiseaux (aras…).

> Vie sociale et reproduction

Les harpies féroces forment des couples monogames, fidèles à vie. Mâle et femelle participent à la construction du nid, composé de branches, de végétation et de poils d’animaux. Sa confection peut durer plusieurs semaines et celui-ci peut mesurer jusqu’à 1,5 mètre de diamètre !

La femelle y dépose en général 2 œufs, entre juin et novembre, et y reste couver pendant que le mâle part en quête de nourriture. Cependant, un seul œuf arrivera à terme car, une fois le premier œuf éclos, la femelle stoppe la couvaison. L’élevage de leur progéniture leur demandant beaucoup d’énergie, le couple ne peut s’occuper que d’un seul oisillon à la fois. 

Les deux parents s’occupent de leur petit pendant ses 10 premiers mois de vie. Après être devenu automne, celui-ci peut rester près du nid, c’est pour cela que le couple ne se reproduit qu’une fois tous les 2 à 3 ans. Le jeune aiglon atteint sa maturité sexuelle entre 3 et 4 ans.

> Menaces et conservation

Bien que l’aire de répartition de la harpie féroce soit très étendue, sa population ne cesse de diminuer. Ayant disparue du Salvador et de nombreux sites, notamment de la forêt atlantique brésilienne, cette espèce est actuellement considérée comme « Quasi menacé » (NT) par l’UICN.

La principale raison de sa raréfaction est la destruction de son habitat, causée par les activités humaines telles que l’exploitation forestière, l’agriculture ou encore l’élevage de bétail. Au Brésil, la harpie est d’ailleurs chassée par les éleveurs qui la perçoivent à tort comme une menace pour leur cheptel. 

Dans certaines régions, ses plumes servent pour la fabrication de coiffes et parures amérindiennes portées lors de cérémonies, et ses serres sont prisées par les chasseurs indigènes pour être utilisées lors de cultes vaudou, ainsi que par les amateurs de trophées.

Pour enrayer cette disparition, plusieurs programmes de conservation ont été mis en place, visant à effectuer des recherches ou encore à surveiller les sites de nidification.

> En parc zoologique

Actuellement en France, il est possible d’observer des harpies féroces dans seulement un parc zoologique, depuis 2020.

L’espèce ne fait l’objet ni d’un Programme Européen pour les Espèces menacées (EEP), ni d’un Stud-Book Européen (ESB).

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