© Laëtitia Lassalle - Biotropica
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La pampa des fourmiliers : future nouveauté de Biotropica

Dans quelques semaines, le parc animalier Biotropica près de Rouen va ouvrir un nouvel espace à l’extérieur dédié aux espèces sud-américaines.

La pampa des fourmiliers

D’ici quelques semaines, le parc animalier Biotropica, en Normandie, ouvrira un tout nouvel espace à l’extérieur dédié à plusieurs espèces sud-américaines dont l’espèce star sera le tamanoir. « Nous présentons déjà des tamanduas, des fourmiliers arboricoles qui se trouvent dans la serre, les tamanoirs sont beaucoup plus gros et eux vivront à l’extérieur », indique Laëtitia Lassalle, assistante zoologique à Biotropica. Le tamanoir, aussi appelé fourmilier géant, est un mammifère insectivore d’Amérique du Sud possédant un museau particulièrement long et d’une toute petite bouche dépourvue de dents. Il possède également une langue d’environ 50cm de longueur équipée d’une salive très collante, lui permettant de se nourrir d’insectes qu’il trouve dans les fourmilières et les termitières. Ses populations sont de plus en plus faibles notamment à cause de la réduction de son habitat, touché chaque année par de violents incendies. Le fourmilier géant est classé « Vulnérable » (VU) sur la liste rouge des espèces menacées éditée par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

La pampa des fourmiliers, nom donné à ce nouvel espace, sera située juste après le bassin des manchots de Humboldt, à la place notamment de l’ancien enclos des ragondins et des cygnes à cou noir. « Toute cette partie là a été détruite. C’était vraiment une volonté de notre part de la refaire, même si elle n’était pas très vieille, elle ne nous plaisait plus, précise Laëtitia Lassalle. Quand il a été question de savoir ce qu’on allait en faire, s’il fallait la réaménager ou non, nous avons préféré repartir de zéro. Nous avons tout rasé et tout renivelé pour refaire de nouveaux enclos. » L’idée d’un nouvel espace sud-américain à cet endroit précis du parcours extérieur de Biotropica circulait déjà depuis quelques temps au sein des équipes du parc. « Nous avions déjà depuis quelques années cette idée de prolonger la partie sud-américaine avec des animaux un peu plus emblématique, un peu plus gros que les cygnes à cou noir par exemple. » Pour la réalisation de la pampa des fourmiliers, il a également fallu supprimer une partie de l’enclos des manchots de Humboldt, une zone dans laquelle ces derniers ne passaient que très peu de temps. « Nous nous sommes aperçu également que les manchots passaient énormément de temps dans le grand bassin et ses abords plutôt que d’aller dans l’autre partie. Même s’ils y allaient de temps en temps, ils n’y allaient pas si souvent que cela donc nous nous sommes dit qu’il fallait mieux la privilégier pour d’autres espèces plutôt que de les laisser y aller seulement deux ou trois fois par an. »

Un espace pour plusieurs nouvelles espèces

La pampa des fourmiliers sera divisée en plusieurs parties, accueillant chacune une ou plusieurs espèces originaires du continent sud-américain et cumulant près de 1300m². Au centre de la zone, une maison regroupant les loges des animaux dans laquelle les visiteurs pourront y observer certains d’entre eux lors des journées les plus froides ou lorsque la météo ne permet pas leur sortie. « Il y aura une maison au centre avec des loges visibles notamment pour l’hiver ou pour les journées avec un temps « normand ». Nous sommes en train de construire deux enclos différents ; d’un côté de la maison, il y aura un enclos vraiment consacré aux fourmiliers, et de l’autre côté il y aura une volière. » Derrière la volière sera également construit un second enclos pour les fourmiliers offrant aux visiteurs la sensation d’apercevoir les fourmiliers avec les autres espèces sans pour autant qu’ils ne soient tous en contact.

Parmi les espèces à découvrir en plus des tamanoirs, les équipes de Biotropica s’apprêtent à en présenter une qui sera unique pour un parc zoologique français : la viscache des plaines. « Cette espèce n’est actuellement pas visible en France, elle n’est présente que dans cinq parcs zoologiques européens. » La viscache des plaines est un rongeur d’Amérique du Sud qui vit en colonie pouvant atteindre une cinquantaine d’individus et contenant beaucoup plus de femelles que de mâles. Elle se nourrit principalement d’herbes et de graminées et est classée en « Préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge de l’UICN. Malheureusement, les effectifs de la viscache des plaines sont vraiment méconnus et elle a été éradiquée de nombreuses régions d’Argentine au début du XXe siècle, jugée responsable d’une épidémie de peste. Aujourd’hui, l’espèce est toujours chassée pour sa fourrure et sa viande.

Les viscaches des plaines habiteront au sein de la volière avec d’autres espèces. « Dans cette volière vont cohabiter également des chouettes des terriers, là aussi une espèce peu commune en France, des aras à gorge bleue et des conures soleil », ajoute l’assistante zoologique de Biotropica. Le ara à gorge bleue est l’un des perroquets les plus menacés du monde, il est classé « En danger critique d’extinction » (CR) par l’UICN et selon les estimations, il pourrait ne rester que 300 individus à l’état sauvage. En accueillant cette espèce, Biotropica intègrera cette année le programme d’élevage de l’espèce en captivité.

Des animaux qui arrivent de toute l’Europe

Tous ces animaux sont bien évidemment nés en captivité et vont arriver à Biotropica en provenance de plusieurs parcs zoologiques européens. « Les animaux arrivent d’un petit peu partout en Europe, par exemple pour les viscaches, il y en a qui arrivent de Suisse et d’autres d’Italie, précise Laëtitia Lassalle. On collabore quand même avec beaucoup beaucoup de parcs depuis de nombreuses années et d’autant plus depuis qu’on est membre permanent de l’EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums) évidemment. » Certaines animaux sont déjà arrivées au parc alors que d’autres arriveront probablement au dernier moment. « Les tamanoirs ne sont pas encore arrivés car tant que les enclos ne sont pas terminés, nous n’avons pas forcément l’espace hors public pour pouvoir les maintenir dans de bonnes conditions donc on ne peut pas les faire arriver trop tôt. » Pour les fourmiliers géants justement, il est prévu d’accueillir un mâle et une femelle dans l’espoir de former un couple et de peut-être voir des petits naître dans les années à venir. L’un d’eux arrivera du ZooParc de Beauval et l’autre de Blackpool en Angleterre.

D’autres projets dans les années à venir

Les équipes de Biotropica ne compte pas s’arrêter là dans le développement du parc et planchent d’ores et déjà sur d’autres prévisions pour les années à venir. En attendant, il y en a qui patientent bien sagement en coulisses, ce sont les rats-taupes-nus. Cette espèce est très peu présente dans les zoos français puisqu’actuellement, seul le ZooParc de Beauval en présente un groupe. Initialement prévu pour cette année, il faudra finalement attendre encore un peu avant de les découvrir à Biotropica. « Les rats-taupes nus sont toujours prévus, explique Laëtitia Lassalle. Entre l’incendie que l’on a subi en 2019, la tempête la même année puis le covid juste derrière, on a forcément été obligé de changer les plans au fur et à mesure. Ils sont là, ils sont prêts à être présentés, mais il faut simplement faire les travaux. Nous avons préféré faire les aménagements à l’extérieur dans un premier temps. »

À l’extérieur, le parc a quelque peu modifié son parcours au début de l’été 2021 en déplaçant l’entrée du parc. Jusqu’au mois de juillet, les visiteurs découvraient le parc en entrant directement dans la serre mais désormais, l’entrée se fait par l’extérieur, au niveau des manchots de Humboldt. Dans les années à venir, la zone sud-américaine à l’extérieur pourrait s’étoffer encore un peu plus comme l’explique Laëtitia Lassalle : « Actuellement après l’entrée, les visiteurs vont directement vers les manchots de Humboldt mais entre deux, sur le côté, il y a toute une partie où il n’y a rien, là où était l’ancien mini-golf. Il est effectivement prévu une volière géante, sud-américaine, sur cette partie là. Cela va vraiment faire une continuité, c’est-à-dire que quand on rentrera dans le parc, on passera d’abord dans cette volière pour ensuite rejoindre les manchots et avoir toute cette partie sud-américaine dès le départ. »

Avant cela, rendez-vous dans le courant du mois de décembre à Biotropica pour y découvrir la pampa des fourmiliers et ses nouvelles espèces, qui devraient être pratiquement toutes présentes à l’ouverture de ce nouvel espace.

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