Oiseaux

Pygargue à tête blanche

> Généralités

Emblème des États-Unis depuis 1782, le pygargue à tête blanche est un rapace de grande taille se reconnaissant facilement à son plumage à dominante brun foncé, à l’exception de la tête et de la queue qui sont blanches. Il se caractérise aussi par un large bec crochu, des serres et des yeux tous de couleur jaune.

Comme chez bon nombre d’espèces de rapaces, la femelle est en général plus grande que le mâle.

> Répartition et habitat

Le pygargue à tête blanche se répartie à travers toute l’Amérique du Nord, du Mexique au Canada, en passant bien évidemment par les États-Unis. 

Selon la région où il vit, on distingue 2 sous-espèces :

  • Haliaeetus leucocephalus leucocephalus, que l’on rencontre au sud des États-Unis et au Mexique ;

  • Haliaeetus leucocephalus washingtoniensis, qui vit au nord des États-Unis, au Canada et en Alaska. Cette sous-espèce est plus imposante que la première.

Ce grand rapace évolue dans les forêts tempérées et boréales, les vastes plaines et prairies tempérées ainsi que dans la toundra. Il vit toujours à proximité de l’eau : rivières, lacs, estuaires et littoraux.

> Régime alimentaire

Le pygargue à tête blanche est strictement carnivore et son alimentation varie drastiquement selon les régions. Chasseur opportuniste, il se nourrit principalement de poissons (truites et saumons) mais peut aussi consommer des invertébrés marins, des oiseaux marins (mouettes, pingouins, aigrettes, canards…), des mammifères de petite taille (rongeurs, lapins, lièvres, renards voire loutres de mer) ainsi que des charognes.

Il saisit toutes ses proies à l’aide de ses puissantes serres et les dépèce en utilisant son gros bec crochu.

> Vie sociale et reproduction

Le pygargue à tête blanche vit de manière solitaire ou en couple monogame, uni pour la vie. Cependant, c’est un oiseau qui peut parfois se rassembler en groupes importants durant la période hivernale, dans des zones où la nourriture est abondante ou pour la reproduction.

Lors de la saison des amours, qui s’étale d’avril à août dans le nord et d’octobre à avril dans le sud, les mâles non couplés peuvent se livrer à des combats en se battant à coups de serres pour accéder à des femelles. Ces combats peuvent aussi intervenir pour l’accès à la nourriture.

Le couple construit un nid à l’aide de végétaux et de pelotes de déjection, parmi les plus gros du monde, ce dernier pouvant mesurer jusqu’à 4 mètres de profondeur, 2,5 mètres de diamètre et peser plus d’une tonne ! La femelle y pond ensuite 1 à 3 œufs (2 en moyenne) qu’elle couve en alternance avec le mâle pendant 34 à 35 jours. Pendant que l’un couve, l’autre est chargé de ravitailler son partenaire et de renouveler la garniture du nid. Un couple utilisera le même nid durant plusieurs années.

En général, un seul oisillon survivra et atteindra l’âge adulte. Les deux parents s’occupent également de nourrir et protéger les petits, avant que ceux-ci ne prennent leur indépendance vers 10 à 13 semaines. On reconnaît facilement les jeunes pygargues immatures, étant encore bruns sur la tête et la queue. Ils n’arboreront leur plumage d’adulte qu’une fois la maturité sexuelle atteinte, soit entre 4 et 5 ans.

> Menaces et conservation

Bien qu’étant l’emblème des États-Unis, le pygargue à tête blanche est persécuté notamment par les pêcheurs qui voient en lui un compétiteur pour les poissons. Il est également une victime collatérale de la surpêche, qui entraîne une diminution de la quantité de poissons.

Ce majestueux rapace subit aussi la dégradation de son habitat et la pollution des eaux par les pesticides, qui rendent certains individus fertiles.

Cependant, l’espèce reste commune et les effectifs sont même en légère augmentation. Le pygargue à tête blanche est classé en « Préoccupation mineure » (LC) par l’UICN.

> En parc zoologique

Le pygargue à tête blanche est aujourd’hui présent dans une dizaine de zoos français. Découvrez la liste des parcs zoologiques qui hébergent des pygargues à tête blanche.

L’espèce ne fait l’objet ni d’un Programme Européen pour les Espèces menacées (EEP), ni d’un Stud-Book Européen (ESB).

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